ils/elles travaillent dans la culture


Elisabeth Gorecki-Schöberl

Cheffe de la division « Education culturelle, intégration, culture dans les régions et les zones rurales » au BKM (Déléguée du gouvernement fédéral à la culture et aux médias), à Berlin

« Le moteur, c'est l'envie, et c'est la passion qui mène à l'excellence ! »

 

« Après avoir reçu votre mail, j'ai tout de suite pensé à Hansgerd Schulte ! »

Ma sollicitation pour la revue des germanistes de la Sorbonne Nouvelle a donc réveillé chez Elisabeth Gorecki-Schöberl beaucoup de souvenirs. Et merveilleux réflexe qu'elle a eu : les noter. J'ai donc plusieurs anecdotes à vous faire découvrir...

A l'époque, le campus des germanistes se situait encore à Asnières mais elle connaît bien le site de Censier et son quartier car l'administration s'y trouvait déjà et elle faisait partie d'une chorale à Jussieu. Elle était inscrite en licence d'études franco-allemandes à la Sorbonne Nouvelle en 1991-1992.

 

Souvenir, souvenir ! Le premier qui lui est venu en tête à la suite à l'évocation de la Sorbonne Nouvelle était la personne de Hansgerd Schulte. Il l'a beaucoup marquée (ainsi que la communauté franco-allemande) et était assez impressionnant à ses yeux. En effet il était de 1972 à 1987 le président du DAAD et était une grande figure du monde universitaire, en tant que médiateur franco-allemand. Ainsi il fut à l’origine de la création de cette filière franco-allemande à la Sorbonne Nouvelle dans le cadre duquel Elisabeth Gorecki-Schöberl l'a eu comme professeur à Asnières. Il avait notamment organisé une soirée avec tou·tes ses étudiant·es au Théâtre du Soleil et c'est un souvenir inoubliable pour Mme Gorecki-Schöberl. Quel choc esthétique que la découverte de cet univers coloré et chorégraphique des Atrides d'Ariane Mnouchkine ! Les étudiant·es en sont ressortis très touché·es. Un autre souvenir par rapport à ce professeur est lors d'un cours « mixte », c'est-à-dire avec des étudiant·e·s français·es et allemand·es. Mr Schulte avait alors demandé à celles et ceux qui connaissaient le poème Le Roi des Aulnes par cœur de lever la main... Surprise ! Il n'y avait que des Français·es. Toutes et tous ont alors pris conscience de la différence culturelle et pédagogique entre l'Allemagne et la France. En effet le par cœur est une méthodologie bien française.

 

Après ses études, Elisabeth Gorecki-Schöberl entame une carrière impressionnante auprès des responsables politiques les plus haut·es placé·es. Elle a ainsi, à sa manière, suivi l’exemple de Hansgerd Schulte en s’engageant pour le franco-allemand à un niveau institutionnel. Elle était chargée de mission responsable des relations franco-allemandes à la chancellerie fédérale, sous le chancelier Gerhard Schröder. Elle a ainsi travaillé avec la conseillère française du chancelier, Brigitte Sauzay, médiatrice de l’interculturalité et, entre autres, initiatrice du programme qui porte aujourd'hui son nom, en partenariat avec l'OFAJ. Elle a été impliquée dans la Stiftung (Fondation) Genshagen, après sa création en 1993 et cofondée par Brigitte Sauzay. Elle a aussi travaillé auprès du ministre d‘Etat de la culture et ceci dans les relations internationales et notamment franco-allemandes pendant 14 ans, où elle a par exemple accompagné plusieurs conseils de ministres franco-allemands. En 2017, elle a changé de division, son sujet est désormais plutôt orienté sur la démocratie culturelle et l'accès à la culture, qui rejoint d'ailleurs en partie son sujet de mémoire de maîtrise, sur le modèle d'intégration des étranger·ères en France et en Allemagne. Elle a surtout travaillé dans ce cadre franco-allemand, qui constitue pour elle, le noyau essentiel et irremplaçable de la construction européenne. Son goût pour l'interculturalité, elle a réussi à le transmettre à sa fille, qui passe cette année l'Abibac.

 

En regardant en arrière, Elisabeth Gorecki-Schöberl estime que tout ce qu'elle a appris lui a toujours servi, même son cours sur le surréalisme ! D'où son conseil de nous détacher de l'orientation utilitariste au profit de ce que nous avons vraiment envie de faire. Et l'étudiante d'hier nous transmet à nous, étudiant·es d'aujourd'hui, ses encouragements : elle voit déjà en nous une continuité générationnelle du franco-allemand !

JG (décembre 2020)


Hannah Vogt

Chargée de projet à ARTE

"Je garde encore le contact avec certain.e.s de mes ancien.ne.s condisciples de la Sorbonne Nouvelle qui travaillent aujourd’hui dans le journalisme et la traduction."

 

Je viens d’être recrutée comme chargée de projet au siège de la chaîne ARTE à Strasbourg. Auparavant, j’ai étudié la littérature comparée et le journalisme à Berlin, avant de venir en troisième année à la Sorbonne Nouvelle - Paris 3 grâce à une bourse du DAAD, ce que j’attendais depuis longtemps. Après une année d’études franco-allemandes à Paris 3, j’ai réussi à progresser en français et même à décrocher mon diplôme de licence, ce qui n’était pas gagné d’avance puisque les autres étudiants allemands du cursus étaient tous des romanistes et avaient un bien meilleur niveau de français que moi. Je trouvais l’ensemble des cours extrêmement intéressant, notamment la traduction et la littérature, les sciences politiques européennes et les relations culturelles. En outre, on n’était pas nombreux/-ses dans les groupes de TD. On posait des questions aux enseignant.e.s, et puis on avait des contacts avec les autres étudiant.e.s, ce qui m’a beaucoup plu. A la fin, après avoir appris durant les séminaires à distinguer les divergences linguistiques entre l’allemand et le français et à bien traduire entre ces deux langues, j’ai pu constater l’importance capitale de la langue pour notre pensée. A l’époque, les enseignements d’études germaniques et de littérature se déroulaient au centre d’Asnières et on venait à Censier pour les cours de politique et d’histoire de l’Europe. J’ai vraiment de beaux souvenirs de Paris 3, je me rappelle d’ailleurs toujours mes enseignant.e.s, comme Mme  Lauterwein qui nous a transmis des connaissances intéressantes sur l’art d’Anselm Kiefer et son lien avec la poésie de Paul Celan qui m’ont été très utiles durant ma formation de Master en Angleterre. 

 

Et puis j’ai fait des stages dans le domaine culturel et politique, entre autres à l’UNESCO à Paris. J’étais dans le département d’information et de communication, et j’ai fait aussi de la traduction pour d’autres départements culturels. Je m’occupais du domaine de « la liberté d’expression ». C’était une problématique intéressante et très actuelle. J’ai réfléchi à la liberté d’expression en ligne, c’est-à-dire, la façon dont on publie les contenus sur une plateforme, mais aussi la façon de protéger les journalistes et les artistes dans les pays où il n’y a pas de liberté d’expression. Nous avons mis ce travail en forme sur des blogs et nous avons organisé des conférences pour expliquer comment ils fonctionnaient techniquement.

 

Ensuite, je suis partie en Angleterre, où j’ai fait mes deux ans de Master en littérature à l’université d’Oxford, joué de la musique dans un groupe et enregistré dans un studio. Après la fin de mon parcours en Lettres, j’ai décidé de faire quelque chose de totalement différent, en l’occurrence, j’ai candidaté pour un travail dans le domaine de la numérisation dans une start-up à Berlin, et j’ai été acceptée grâce a mon profil littéraire et international. Dans cette société ne travaillent que des informaticiens. Or, ils cherchaient quelqu’un avec de bonnes compétences rédactionnelles. J’y suis restée trois ans. C’était ma seule expérience dans le domaine de l’informatique, mais elle avait toujours un rapport avec mes études à travers la rédaction sur les sujets d’actualité comme le tournant numérique et ses conséquences sur la société. C’est finalement grâce à cette expérience qu’on est venu me chercher pour occuper la charge de projet à ARTE. J’avais déjà fait un stage à ARTE auparavant et j’avais gardé des contacts. C’est ainsi qu’ils ont pensé à moi lorsqu’ils cherchaient quelqu’un pour développer des contenus rédactionnels dans des formats numériques, un domaine encore peu développé à ARTE et pour lequel il faut avoir des compétences dans les deux domaines. C’est un profil rare. Même si ce n’est bien sûr pas moi qui suis en charge du côté technique, je dois tout de même comprendre ce que me disent les informaticiens et pouvoir dialoguer avec eux pour leur proposer des formats nouveaux.

 

Et Paris 3 dans tout ça ? Depuis mon départ de Paris, je me suis continuellement éloignée du champ des études franco-allemandes. Mais aujourd’hui, à ARTE à Strasbourg, la maîtrise de l’allemand et du français et mes compétences interculturelles me sont indispensables pour communiquer avec les équipes au quotidien. Ainsi, mon nouveau travail n’est pas seulement une occasion de pratiquer mon français, mais aussi de continuer à réfléchir à ces deux langues et de renouer ainsi avec ce que j’ai appris à Paris 3. Du reste, je garde encore le contact avec certain.e.s de mes ancien.ne.s condisciples de la Sorbonne Nouvelle qui travaillent aujourd’hui dans le journalisme et la traduction, et c’est justement l’échange avec eux qui fait que Paris 3 est toujours ancré dans mon esprit.

 

 Propos recueillis et traduits par MEZ (21 ‎février ‎20


Marjolaine Portier-Kaltenbach

attachée de production à France Musique

« La scène musicale allemande foisonne de grands artistes et il n'est pas rare que l'on soit amenée à les interviewer en allemand! »

 

« Pour être franche, j'ai atterri à la Sorbonne Nouvelle de manière un peu fortuite. L'année précédent mon Master Recherche en Etudes germaniques, j'ai passé 6 mois en Erasmus à Berlin. Or, comme la Freie Universität avait mis une éternité à m'envoyer mes résultats, et que j'ai mis quant à moi un certain temps à les faire traduire par un traducteur agréé, je n'ai eu mon attestation de licence que très tardivement, et il n'y a que Paris 3 qui acceptait encore que l'on s'inscrive en septembre. Il se trouve que la fac était tout près de chez moi et qu'une bonne amie avec laquelle j'étais en licence à l'Université catholique s'y était aussi inscrite, tout cela se goupillait donc parfaitement bien! »

 

« J’ai pris conscience au tout début de mon Master d'Etudes germaniques que je ne souhaitais pas devenir traductrice ou interprète, que l'allemand n'était pour moi pas une fin en soi, et que je souhaitais donc élargir mon champs de compétences. C'est la raison pour laquelle je me suis inscrite à Paris 2 dans un nouveau master, dédié aux médias. En parallèle de ce master que j'ai suivi à Paris 2, j'ai effectué un an d'alternance chez France Musique (chaîne du groupe Radio France), puis mon contrat d'alternance a été prolongé d'un an avant de se transformer en CDD. C'est là que je travaille encore actuellement. »

  

« Lors de mon entretien d'embauche à France Musique, je me rappelle d'avoir dit à mon actuel patron: j'ai bien conscience que je n'ai pas le parcours exemplaire pour postuler à France Musique : je n'ai pas fait de musicologie mais seulement de l'anglais et de l’allemand... et il m'a immédiatement coupée pour me dire : SEULEMENT de l'allemand ? Vous ne vous rendez pas compte à quel point c'est précieux d'avoir des germanistes ici ! Et effectivement, dès qu'il s'agit de traduire des paroles de Lieder, ou qu'il y a des interviews en allemand, c'est à moi d'agir ! La scène musicale allemande foisonne de grands artistes et il n'est pas rare que l'on doive les interviewer en allemand, dans la mesure où leurs propos perdent bien évidemment toujours un peu de leur sel lorsqu'ils s'expriment en anglais. »

 

« Mon projet pour l'avenir est de passer d'attachée de production (mon poste actuel, qui consiste à aider les producteurs à préparer leur émission) à productrice moi-même (c'est à dire passer derrière le micro). J'ai présenté mes premiers concerts de jazz à l'antenne l'été dernier et c'était une expérience fantastique! Les chaînes de radio envoient des petits jeunes faire leurs armes derrière un micro chaque été, autrement dit à la période de l'année où les titulaires sont en vacances, c'est une chance inouïe. » 

 otb (en janvier 2019)


Laure Fougère

travaille au support fonctionnel pour AccorHotels

"J'ai été rédactrice en chef du septième numéro d’asnières-a-censier.fr!" 

 

Laure Fougère Ayant déjà terminé une prépa littéraire, Laure voulait améliorer ses compétences en langues étrangères et commence d'abord une licence d’anglais à Paris 7, puis y fait un Master 1 en traduction littéraire. Avant de terminer son Master en traduction spécialisée, Laure décide de faire une licence d’allemand et, en 2012, trouve le cursus d’Etudes Franco-Allemandes avec la mineure interculturelle à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Elle a apprécié cette offre très pluridisciplinaire, combinant les enseignements d’allemand, de culture et de linguistique. Elle se souvient toujours avec plaisir des enseignants. 

Laure travaille aujourd’hui au support fonctionnel pour AccorHotels. Bien que son poste ne soit pas spécifiquement dans le franco-allemand, le lien n'est pas totalement rompu avec ses études à Paris 3 : l'allemand reste présent au travers de mails à destination d'hôtels allemands, autrichiens et suisses. 

Apprenant le thème de notre dossier, elle se souvient du bâtiment du campus Censier, qu’elle n’a pas beaucoup apprécié, car elle ne le trouvait ni logique, ni fonctionnel, ni confortable. Quelque chose qu’elle a aimé était le Stammtisch, auquel elle voudrait bien retourner, mais ce n’est malheureusement pas compatible avec ses horaires de travail. 

 

mkk 


Anne-Sophie Nicolas

travaille au service culturel d’une médiathèque du Val d’Oise

« Mon Master m’a beaucoup apporté sur un plan personnel » 

 

Pourquoi avez-vous étudié à Paris 3 ? 

Avant de m’inscrire en M1 Recherche d’Etudes germaniques à la Sorbonne Nouvelle en 2010, j’ai fait une licence LEA d’anglais et d’allemand à l’Université Paris VII. Comme j’ai fait ma troisième année en Erasmus près d’Hanovre, j’ai presque naturellement choisi l’allemand comme langue de spécialisation en master. L’année à l’étranger m’a beaucoup apporté, tant pour l’amélioration de la langue allemande que sur un plan plus personnel. J’en ai profité pour faire de nombreuses excursions, j’ai apprécié ce mode de vie et j’ai trouvé les Allemands très ouverts d’esprit, toujours accueillants. Les modalités de contrôle sont faciles pour les étudiants étrangers, avec moins d’heures de cours et davantage de devoirs à la maison que de partiels écrits. Compte-tenu du décalage des calendriers universitaires allemand et français, j’ai eu du mal à m'organiser, notamment en raison des échéances et des démarches à réaliser à distance. J'ai néanmoins validé le master à Paris 3, mais je n’ai pas souhaité poursuivre mes études ensuite, et me suis donc tournée vers la recherche d’emploi.

 

Comment s’est passée votre recherche d’emploi ? 

Avant de partir en Erasmus en Allemagne, j’avais déjà fait un stage au Ministère des affaires étrangères, essentiellement en français.  Du fait de mes études et de mon expérience internationale, j’ai ensuite cherché du travail dans le secteur culturel franco-allemand. Malheureusement, je me suis vite rendue à l’évidence : c’est un milieu très fermé, voire verrouillé, et les offres d’emplois dans cette branche sont assez peu nombreuses. Je me suis donc réorientée dans la recherche d’emploi seulement dans le domaine culturel français. J’ai travaillé dans des librairies, je suis passée par plusieurs services de la mairie, notamment au service culturel et dans la communication, puis j’ai participé à l’organisation d’un salon du livre dans une mairie, ce qui m’a beaucoup plu. Et voilà comment j’ai postulé dans la médiathèque du Val d’Oise où je travaille actuellement.

 

Utilisez-vous l’allemand dans votre travail ? 

A la médiathèque, j’utilise parfois l'anglais, notamment lorsque je dois interagir avec des personnes de toutes origines dans des ateliers de FLE ou d’intégration de publics étrangers. J’ai donc été amenée à développer des qualités pédagogiques, que ce soit vers un public d’adultes ou d’enfants, puisque j’accueille des classes et réalise des animations comme la narration de contes, la projection de films ou d'ateliers de jeux sur tablettes. Je constate un réel développement de la politique numérique pour rendre internet accessible à tous et pour adapter des supports papiers aux supports informatiques.

 

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Mes études d’allemand ne me servent pas actuellement, pas plus d’ailleurs que ma poursuite d’études en master puisque je suis positionnée sur un emploi qui ne requiert qu’un Bac+2. Toutefois, je ne regrette pas d’avoir fait ces études qui, sur un plan personnel, furent intéressantes. Je songe à passer les concours de la fonction publique pour évoluer dans une branche plus ou moins similaire, et obtenir le statut de fonctionnaire.

 

eml (déc. 2017)


Lisa Thierry

volontaire européenne dans l’ONG ELIX à Athènes

« Je ne regrette en aucun cas de ne pas avoir enchaîné un master à la fin de ma licence, au contraire. »

 

« Après avoir obtenu mon bac ES mention européenne en juillet 2012 en région parisienne, j’ai postulé pour une licence d'allemand à Paris 3. Ce choix me paraissait tout à fait normal : ayant un père français et une mère allemande, je baigne depuis toute petite dans le milieu franco-allemand. J'ai toujours aimé parler la langue allemande, me rendre en Allemagne afin d’y passer des vacances en famille ainsi que comparer ces deux cultures qui m'intéressent tant. J’ai donc décidé de les étudier.

 

Outre le fait de partir un semestre à Göttingen en L2, ce que j’ai apprécié avec cette licence, c’est qu’elle m’a permis d’effectuer plusieurs stages : un à l'office national allemand du tourisme et un au DAAD, tous les deux situés à Paris. Je savais que je voulais travailler dans le milieu du franco-allemand mais dans quel domaine exactement, je ne le savais pas encore. Ces deux stages m'ont appris beaucoup de choses sur ce qui me plaisait, et sur ce qui ne me plaisait pas.

Une fois ma licence terminée, j'ai décidé, contrairement à plusieurs de mes camarades, d'effectuer une année sabbatique. Les six premiers mois étaient planifiés : un stage au Centre Français de Berlin, grâce auquel j’ai découvert un nouvel univers : celui des échanges interculturels de jeunes. Après mon stage, le Centre Français m’a proposé un poste de « Travail chez le partenaire » financé par l’OFAJ.

 

Cette année fut très enrichissante pour moi, j’ai enfin su vers quel domaine je voulais me diriger et travailler plus tard. Suite à ce poste, je me suis mise à mon compte pour travailler en tant qu’animatrice interculturelle-traductrice lors de rencontres interculturelles de jeunes.

Depuis septembre 2017, je suis à Athènes où j’effectue un Service volontaire européen. Suite à mes deux ans à Berlin, je souhaitais m’ouvrir à l’international afin de découvrir de nouveaux projets et de nouvelles initiatives. Je suis actuellement dans l’ONG ELIX, qui travaille principalement avec les réfugiés mais qui se concentre aussi sur la mobilité européenne.

 

Je ne regrette en aucun cas de ne pas avoir enchaîné un master à la fin de ma licence, au contraire. En empruntant cette route, j’ai pu faire mes propres expériences et découvrir ce qui me plaisait réellement. »

 

cle (nov. 2017)


Gabrielle Perrouas

co-organisatrice du festival de cinéma jeunesse : le Carrousel international du film de Rimouski, au Canada

 « Mon année au département d'allemand m'a permis d'élargir mes réseaux et horizons en participant à différents événements culturels, échanges, tandems, voyages... »

  

Après deux ans de classe préparatoire littéraire option cinéma, je suis entrée directement en 3e année de cinéma et audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle. Puis, ayant voulu effectuer une année Erasmus en Allemagne et poussée par Matthias Steinle (un professeur de cinéma allemand et le coordinateur des Erasmus en cinéma), je suis la première à être partie à la HFF (Hochschule für Film und Fernsehen) à Potsdam pour effectuer ma première année de Master (en recherche cinématographique et audiovisuel, spécialité esthétique et Histoire de l'Art). C'est en revenant de cette année fort enrichissante que j'ai décidé de poursuivre mes études au département d'allemand à la Sorbonne Nouvelle. Cela n'a pas été une mince affaire d'adapter mon emploi du temps, malgré le programme plus "léger" des Master 2 en cinéma. Mes cours se chevauchant parfois, je me sentais comme Hermione Granger et aurais bien aimé posséder son fameux sablier « retourneur de temps ».

 

J'ai choisi la licence franco-allemande car le programme bilingue proposé dans différentes spécialités (Histoire, Lettres, Culture, Politique, Relations internationales etc) ainsi que l'étude de la langue me semblait le plus complet pour parfaire mes connaissances sur nos deux pays. J'ai obtenu ma licence en fin d'année, en 2014, et j’ai hésité à continuer en Master mais il me fallait vraiment clore mon premier Master de cinéma (je n'avais pas réussi à suivre tous les cours à cause des chevauchements et à rédiger complètement mon mémoire).

 

Quels ont été les apports de ce cursus en termes de connaissances et de construction personnelle ?

Le cursus a été complémentaire avec ma formation cinématographique, notamment pour mon mémoire dont le sujet questionnait la réécriture de l'histoire allemande dans les films allemands contemporains. J'ai pu élargir à la fois mes réseaux et mes horizons en participant à différents événements culturels, échanges, tandems, voyages... et même l'année qui a suivi, où je suis retournée achever mon M2 en cinéma.

 

Ton meilleur et ton pire souvenir dans ce cursus. Mon pire souvenir est de ne pas avoir totalement préparé mon exercice de thème et d'avoir dû improviser sur place... Le thème restera un exercice de rigueur douloureux...Sinon, des exposés parfois rébarbatifs, scolaires et donc inintéressants de la part de camarades de deux à trois ans plus jeunes. Avoir l'impression d'un retour en "arrière" et d'une perte de temps (dû au fait que je savais que je pouvais avoir des cours de cinéma en même temps). Mon meilleur souvenir est ma rencontre avec Julien Corbel et nos différents travaux en commun (nos exposés  sur Berlin Alexanderplatz, sur la cohabitation en France etc.), nos entrevues pour le journal "Asnières à Censier" (notamment avec Hansgerd Schulte).

 

Que fais-tu cette année et quel(s) est/ sont tes objectifs professionnels à présent ? Je suis maintenant au Québec depuis plus d'un an (stage d'août à décembre 2015 puis retour de janvier à mars 2016 puis retour en avril 2016 jusqu'en avril 2018 voire au-delà...). Maintenant j'ai un visa de travail dans un festival de cinéma jeunesse (le Carrousel international du film de Rimouski). Actuellement, je suis en période "d'hibernation" car pendant l'hiver pas de subvention possible pour le festival. Cela prouve que l'allemand peut aussi bien mener de l'autre côté de l'Atlantique... Je regrette de ne pas m'en servir souvent mais si l'occasion se présente (invité allemand ou autrichien à Montréal dans des festivals de cinéma), je sauterai dessus !

 

clr (déc. 2016)


Joyce Weil

chargée de recherche et de médiation à l’association SynLab

 « Asnières, ça faisait un peu village d’Astérix »

 

J’ai passé un bac L en 2008 dans une boîte à bac, un lycée assez prestigieux après lequel tout le monde partait en prépa, ce que je ne voulais surtout pas faire. J’ai donc délibérément choisi de venir à la fac. Je m’intéressais beaucoup à l’histoire, mais c’était important pour moi de pouvoir étudier deux matières et comme j’avais fait un programme Voltaire, je me suis tournée assez naturellement vers le parcours histoire-allemand, pas seulement pour continuer à parler allemand, mais aussi pour découvrir tout ce qu’il y a autour de la langue. Je suis partie en Erasmus à Berlin au deuxième semestre de L2 (ce qui n’était possible qu’à Paris 7 et à condition d’insister un peu), parce que les sujets des cours de L3 à Paris m’intéressaient plus que ceux de l’année précédente. A la Humboldt Universität, j’ai eu des cours d’histoire passionnants : on dit souvent qu’Erasmus c’est pour faire la fête, mais ça vaut aussi vraiment le coup parce qu’on a accès à une large offre de cours.

 

Après avoir fini ma licence à Paris, je suis partie un an à Cardiff en tant qu’assistante de langue pour améliorer mon anglais et me laisser le temps de réfléchir à la suite. Jusque-là, j’envisageais de travailler dans l’édition, secteur dans lequel j’ai fait beaucoup de stage au fil de ma licence, et mon fil rouge c’était surtout : ne pas être prof. Mais finalement, je trouvais que le plus intéressant comme job dans une maison d’édition, c’était de lancer la sienne, projet que j’ai toujours, pour plus tard, et j’ai décidé de faire un master plus axé vers le numérique. Je suis entrée à l’école des Chartes dans le master « Nouvelles technologies appliquées à l’histoire », mais j’en suis partie au bout d’un an parce que l’enseignement là-bas portait surtout sur l’histoire du livre, ce qui était intéressant en soi mais avait peu à voir avec le numérique. Or le numérique est devenu incontournable et je pense qu’il est important d’en connaître les codes et de savoir comment ça fonctionne pour être lucide sur ce qu’on peut faire ou pas avec le numérique dans la culture. J’ai donc fait le M2 Pro « Médiation culturelle – Patrimoine et numérique » qui est un partenariat entre Paris 8 et Paris 10, avec un mémoire sur les interfaces haptiques. En parallèle, j’étais en service civique dans une association de médiation scientifique qui s’appelle « Les atomes crochus ». Ce qui était bien dans cette expérience, c’est que j’étais chargée d’un projet au sein de l’association, que j’ai pu mener du début à la fin.

 

Après mon master, j’ai commencé à chercher du travail et au bout d’un mois je me suis retrouvée par hasard prof d’allemand en tant que contractuelle. Je le suis restée jusqu’à la fin de l’année scolaire, et ensuite j’ai trouvé le poste où je suis maintenant à SynLab, une association qui a pour but d’aider les enseignants à se former, de changer un peu la façon de voir cette formation. Au départ, j’ai été embauchée pour rédiger leurs outils de formation en ligne. Maintenant je travaille sur un projet plus vaste d’expérimentation sur la formation des enseignants en partenariat avec l’ESPE et le rectorat de Créteil. En gros, on teste le principe d’une formation sur trois ans (le M2 et les deux premières années de titularisation) pour éviter que les néo-titulaires se retrouvent lâchés dans l’arène à la fin de leur seule (et brève) formation initiale. Ça fait maintenant deux ans que je suis dans cette association, et j’ai maintenant envie de monter mon propre truc sous forme d’un site nommé « Les écriveuses », qui est (/sera bientôt) un service d’aide à la rédaction et d’accompagnement à l’utilisation des outils numériques.

 

De ma licence, je me rappelle surtout des cours de grammaire de L1, et que « la grammaire, c’est la colonne vertébrale de la langue », et beaucoup des cours alternatifs proposés par des profs de Paris 3 et d’autres facs pendant le blocus contre la LRU en 2009. Il y avait aussi « l’université Paris 14 », des cours mobiles dans la ligne 14 du métro, et on avait monté un cinéclub militant à Paris 7. D’Asnières, j’ai surtout le souvenir que c’était un environnement assez spécial : comme si on avait mis toutes les langues qui n’intéressent personne dans un endroit perdu au milieu de nulle part. C’était chouette, ça faisait un peu village d’Astérix.

 

mgb (avril 2017)


Pia Meierkord

assistante dans un cabinet d'expertise de tableaux anciens à Paris, Saint Honoré Art Consulting

« J'ai également participé à la rédaction de la revue en ligne « Asnières à Censier » ! »

 

Pouvez-vous nous présenter votre parcours avant d'étudier à la Sorbonne Nouvelle?

Après le bac, j'ai décidé de travailler en tant que jeune fille au pair à Paris pendant un an et demi. J'avais fait du français au lycée et j'ai toujours aimé la langue et la culture française. Puis j'ai déménagé à Berlin – je viens de Bielefeld – afin de commencer mes études à la Freie Universität de Berlin. J'ai choisi le double diplôme en « Frankreichstudien ». Mes matières étaient le droit, l'histoire de l'art, la littérature française et des cours de langue française. A côté de mes études, j'ai travaillé en tant qu'assistante à la rédaction pour le site NRW.de. J'ai passé la troisième année d'études à Paris 3, comme prévu dans le cadre du double diplôme.

 

Avez-vous des souvenirs de Paris 3 à partager?

C'était une année intéressante! J'ai participé, comme vous, à la rédaction de la revue en ligne « Asnières à Censier » ! Je me souviens encore que nous avons participé à un évènement à l'institut Goethe à l'occasion de la journée des professeurs allemands. Mon année à Paris 3 était une bonne décision, je suis toujours en contact avec des personnes de mon cursus et chacun fait quelque chose de différent et avec succès !

 

Puis-je vous demander quel était le thème de votre mémoire de licence ?

Oui, c'était un travail très intéressant ! J'ai comparé deux romans français de Zola et Balzac d'un point de vue artistique.   Dans quelle mesure votre année d'échange à Paris 3 était-elle utile pour vous ? Après mon année à Paris 3, j'ai dû effectuer un stage. Je l'ai fait dans un cabinet d'expertise de tableaux anciens… où j'ai en suite obtenu un travail à temps plein ! J'y travaille actuellement en tant qu'assistante et ai diverses responsabilités. Les cours d'histoire de l'art que j'avais à la FU Berlin et les cours de langue à Paris m'ont été très utiles pour mon stage ainsi que pour mon travail actuel. Je fais des travaux de recherche, puisque j'explore les archives des musées du Louvre et d'Orsay. Le séjour à Paris m'a permis de travailler dans la capitale française.

 

mef (janvier 2017)


Solene Moy

guide touristique de langue allemande à Paris

 « Je me souviens d’une anecdote vraiment drôle dans un cours de grammaire avec Valérie Robert qui a réussi à rendre la grammaire allemande intéressante. »

 

Qu’est-ce qui vous as amené à faire des études d’allemand? Mon parcours est un peu particulier. J’avais l’allemand comme deuxième langue étrangère et après le bac, je ne savais pas ce que je voulais faire, mais je savais que j’aimais l’allemand, bien que je n’aie jamais été en Allemagne avant. Contrairement à ce qui se passe en Allemagne, en France, on finit le bac à 18 ans et souvent on est trop jeune pour savoir ce qu’on veut faire concrètement. On se retrouve devant des fiches post-bac et on est perdu. Alors moi, j’ai choisi l’allemand au pif est je suis arrivée à Asnières en Licence Franco-Allemande. Quand je suis arrivée, j’avais un niveau assez nul, assez pitoyable, vraiment terrible. Et j’ai, pour la première fois, entendu des mots comme « Abibac », etc. et là, je me suis rendue compte de la différence de niveau entre moi et les autres et cela se ressentait aussi au niveau des notes!

 

J’ai même hésité à arrêter, mais avec un peu de recul, je suis très contente d’avoir choisi ce cursus-là. Car, malgré un début très difficile, j'ai eu la chance d’avoir un corps professoral excellent, de très bons profs, qui ont bien remarqué les différences et qui ont mis en place des groupes de niveau pour l'apprentissage des langues. Honnêtement, je trouve ces groupes très bien, cela nous permet d'évoluer autour des gens du même niveau. Le fait d'être un petit groupe, créait aussi des liens intenses entre les étudiants.

 

Quel souvenir j'ai d'Asnières? C’était il y a cinq ans, alors franchement cela fait loin... Mais je me souviens d’une anecdote dans un cours de grammaire avec Valérie Robert qui a quand même réussi à rendre la grammaire allemande intéressante, et c’est quelque-chose que je lui dois. Et là, on avait des grands amphis, mais on n’était que trente personnes. Et déjà cela donnait une certaine atmosphère, il y avait une odeur assez particulière, c’est un peu comme ma petite madeleine de Proust. Ceux qui ont connu Asnières s’en souviennent sûrement. On avait un cours de grammaire à 8 h du matin et c’était le weekend après Pâques, alors peu de monde était venu, et Mme Robert avait ramené des chocolats et elle a dit « c’est pour les courageux qui sont venus ». C’est un peu ça Asnières. Au département d'études germaniques, on la chance d’avoir des profs qui connaissaient votre nom, ce qui créait une force et un esprit particulier. 

 

Après la licence j’ai d'abord fait un an d’Erasmus à Berlin et après, j’ai bifurqué en Master Allemand / Histoire avec Paris 7 et c’était génial. J’ai fini ce Master et l’année dernière, quand j’étais à la cafétéria de Paris 3, j’ai trouvé une petite fiche où on proposait de faire des « Stadtführungen » à Paris. Du coup,

j’ai envoyé un message et cela fait maintenant presque deux ans que je fais des « Stadtführungen » en allemand à Paris. 

 

Ce job intègre vraiment parfaitement mes études, mais ce qui m’a vraiment aidé à entrer dans la vie professionnelle, c’était de parler l’allemand. J’ai reçu plein d’appels des recruteurs pour des jobs dans un peu tous les domaines, seulement, parce que je parlais l’allemand. C’est un vrai plus. Parce que l’anglais, tout le monde sait le parler. Parler l’allemand est vraiment une compétence particulière.

 

Si j'avais un tuyau à donner aux étudiants actuels: soyez patients avec l’administration et ne vous reposez pas sur vos acquis ! Et surtout : Participez aux événements que les profs organisent pour vous, car c’est une vraie chance de travailler sur des sujets aussi intéressants !

 

hvo (déc.2016)