Nos habitudes alimentaires

Le local, Cléa connait bien : elle mange principalement les légumes du potager familial. Elle déplore que le bio soit plus cher en France qu'en Allemagne, mais continue d'en consommer, surtout pour le lait et les œufs. (cle)

Végétarienne, Geneviève privilégie elle aussi les légumes du potager familial. Mais manger de saison peut être lassant quand, en automne, son assiette se remplit jour après jour de citrouilles. (geg)

Soulignant elle aussi le fait que ce soit moins cher en Allemagne qu'en France, Angela préfère acheter des produits bio, surtout les œufs et les produits laitiers. Elle ne mange de la viande qu'une à deux fois par semaine. (ast)

Oriane a arrêté les plats préparés pour se mettre aux fourneaux. Faute de toujours pouvoir acheter du bio, elle veille à acheter des aliments qui n'ont pas fait le tour du monde avant d'atterrir dans son assiette. (oga

Delphine profite de la production de viande de ses voisins pour en manger. A Paris, elle privilégie le local au bio, et s'approvisionne dans un marché engagé dans les circuits courts. (dad)

Végétarienne pour des raisons politiques, Nora fait tout de même une entorse à son régime pour les empanadas de sa grand-mère. Elle est aussi souvent tiraillée entre un produit non-bio non emballé et un produit bio suremballé. (non)

Thibault mange principalement de la viande au restaurant ou chez sa mère. Chez lui, il cuisine surtout des légumes, mais pas n'importe lesquels : il choisit ceux trop mûrs ou trop vilains pour être vendus en grande surface. (lel)

Euryanthe privilégie le rapport qualité/quantité au critère bio. Son assiette ne contient pas de plats préparés, mais on y trouve de la viande, parfois même au petit-déjeuner.  (eml)

Candice a des habitudes alimentaires bien organisées : de la viande une fois par jour, du poisson une fois par semaine et surtout beaucoup de légumes. Elle se remonte les manches pour aller chercher les œufs dans son propre poulailler. (can)



La fréquentation des RU en baisse

Publiée en juin 2017 par l'Observatoire national de la Vie Etudiante (OVE), l'enquête nationale sur les conditions de vie des étudiants de 2016[1] présente (entre autres) les habitudes de restauration des étudiants français. Créé en 1989 par le ministre de l'Education nationale, l'OVE a pour mission d'informer sur les conditions de vie des étudiants afin "d'éclairer la réflexion politique et sociale et aider à la prise de décisions."[2] Pour remplir cette mission, l'OVE réalise tous les trois ans depuis 1994 une enquête nationale auprès des étudiants inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur français. L'enquête aborde différents aspects de la vie étudiante dont l'alimentation et plus précisément la restauration universitaire.

 

L'étude[3] présente tout d'abord le public fréquentant les restaurants universitaires (RU). 57% des étudiants déclarent manger au RU ou à la cafétéria du CROUS « de manière générale ». Les étudiants d'IUT sont les plus nombreux à y manger (jusqu'à 60% d'entre eux), tandis que les élèves de CPGE, d'écoles de commerce ou de la culture, sont seulement entre 20 à 25% à déclarer y manger « de manière générale ».

 

Avec l'âge, on se lasse du RU

 

Alors que plus de la moitié des étudiants mineurs bénéficie de la restauration universitaire, les 19–22 ans sont environ 43% à en profiter, et moins de 40% des 22 ans et plus déclarent fréquenter le RU. La situation financière des étudiants a aussi un impact sur la fréquentation ou non du RU, ceux s'estimant en difficulté financière recourent plus au service de restauration.

 

Les étudiants vivant chez leur famille, en internat ou en résidence universitaire sont plus amenés à fréquenter le RU que ceux vivant dans un logement personnel, seuls ou en colocation. Tandis que les étudiants parisiens ne sont que 37,4% à déclarer fréquenter le RU ou la cafétéria du CROUS, les étudiants de la région parisienne et de la province sont entre 40 et 45%.

 

A peine la moitié des étudiants interrogés déclare que l'offre de restauration du CROUS correspond à ce qu'elle attend d'un repas. Bien que 65,3% des étudiants interrogés estiment l'offre de restauration du CROUS adaptée à leurs besoins et plus de 80% la considèrent suffisamment proche de leur lieu d'études, le cadre, les horaires d'ouverture, le prix et surtout le temps d'attente sont estimés non adaptés aux besoins des étudiants. Ceux qui ne fréquentent pas le RU déclarent à plus de 40% préférer manger chez eux. Plus d'un quart n'aime pas y manger et trouve l'endroit trop fréquenté. Pour environ 15% de ces étudiants, le RU est trop éloigné de leur lieu d'étude ou trop cher par rapport à leurs moyens financiers.

 

L'absence de menus bios ou végétariens

 

L'étude n'étant menée que tous les trois ans, elle ne reflète pas forcément l'avis des étudiants sur un sujet comme l'alimentation, qui évolue actuellement de manière rapide dans les mentalités. L'offre de repas à proprement parler est à peine évoquée, alors que le contenu de l'assiette est ce que l'étudiant retient avant tout. Les menus bios ou végétariens ne sont donc absolument pas mentionnés, alors que leur absence pourrait peut-être expliquer le délaissement du RU par certains étudiants. Bien qu'Emmanuel Macron ait promis lors de la campagne présidentielle d'introduire 50% d'aliments bio, écologiques ou issus des circuits courts dans les cantines scolaires ou d'entreprises d'ici 2022, l'intérêt pour les RU et l'alimentation des étudiants semble faible.

 

oga

 

 

[1] Observatoire national de la Vie Etudiante (Feres Belghith, Odile Ferry, Théo Patros et Elise Tenret) – juin 2017 – 12 pages, http://www.ove-national.education.fr/medias/Fiche_restauration_etudiante_CdV_2016.pdf

[2] http://www.ove-national.education.fr/l-ove/qu-est-ce-que-l-ove (07.11.17)

[3] Les données de cette huitième étude (depuis le lancement de l'enquête CdV) ont été récoltées entre le 14 mars et le 23 mai 2016 auprès de 46 340 étudiants fréquentant des établissements de l'enseignement supérieur.