L'équipe du numéro 14

De gauche à droite : Agathe Orain (ALO), Suzanne Vilbois (SZV), Tracy Yen (TY), Nadir Meziane (MEZ), Chloé Le Roy (CLR) et François Rey (FR).

Pas sur la photo : Ante Guilmoto Zupanov, Aurélie Lemoing (AurLMG), Hind Ben Othman (HBO), Hassina Rahim, Éléa Risacher et Léonard Ritte.

Remerciements à : Léna Couffin (LEC), Yohann Duchemin et Kerstin Hausbei.

L'actualité du département


Voyage dans le temps

Les contributions de ce numéro ont été réalisées au printemps 2019, à une époque où personne ne se doutait qu'un virus allait nous empêcher de faire tant de choses qui nous paraissaient normales alors.

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, ce numéro ne sort finalement que maintenant. Une occasion pour vous de voyager dans un passé pas si lointain où les étudiant.e.s pouvaient encore se réunir sur site pour des comités de rédaction et se déplacer librement pour des articles et podcasts. Vivement qu'on renoue avec ces bonnes vieilles habitudes!



Editorial

« Il faut au moins deux langues pour savoir qu’on en parle une » (Barbara Cassin)

Autrefois considéré comme un obstacle au vivre ensemble, le plurilinguisme est aujourd’hui perçu comme une richesse. Avec notre formation de germanistes, nous cultivons ce plurilinguisme tous les jours, en nous confrontant au français et à l’allemand, et pour certain.e.s, les origines géographiques et familiales ajoutent encore d'autres langues à l’équation.

 

La mondialisation et l’intégration européenne alimentent à leur manière cette nécessité de former des individus plurilingues. Si la première semble nous condamner à devoir écrire « anglais : lu, écrit, parlé » sur nos CV, la seconde nous montre qu’il existe des moyens pour maintenir les langues sur un pied d’égalité, avec l’usage de la traduction par exemple. Pour définir le plurilinguisme, nous reprenons ici les mots du président de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme, Christian Tremblay, selon lequel « est plurilingue la personne qui parle (à divers niveaux de compétences) plusieurs langues ». Le plurilinguisme renvoie aux différentes langues maîtrisées par un individu. Il ne doit pas être confondu avec le multilinguisme, qui est l'aspect d'une société où cohabitent un grand nombre de langues, sans que les individus qui la composent ne les parlent toutes. Nous nous appuierons sur cette distinction dans notre dossier.

 

Comment ce plurilinguisme se manifeste-t-il dans nos vies de tous les jours ? Cette question nous a guidé.e.s tout au long de l’année. Pour s’interroger sur son propre plurilinguisme, la rédaction d’Asnières-à-Censier a testé pour vous l’exercice de la biographie langagière. Dans la suite du dossier, les responsables du lycée Honoré-de-Balzac et les habitant.e.s du quartier de Belleville présenteront le plurilinguisme en tant que fait collectif. Grâce aux témoignages de Jacques Pezet et de Tania Lenglemann, nous verrons quelles sont les suites d’une scolarité plurilingue et ce qu’il advient de l’usage des langues dans un métier. Enfin, la philologue, philosophe et nouvelle membre de l’Académie française Barbara Cassin, dont nous avions étudié l’œuvre au premier semestre dans le cadre d’un séminaire sur les « intraduisibles » en philosophie, nous donnera en exclusivité son avis sur la question du plurilinguisme. Elle nous expliquera comment le plurilinguisme est abordé par la recherche et quelles sont ses implications politiques.

 

Et vous trouverez bien-sûr aussi dans ce numéro les rubriques habituelles de la revue avec des Lettres de Berlin et de Paris, un apéro pro et un spectacle de l'atelier de théâtre franco-allemand saisis Sur le vif, une première impression du métier de la Recherche et de nouveaux portrait Alumni. Trouverez-vous la solution du Qui suis-je? 

 

 Suzanne Vilbois, directrice du dossier

Chloé Le Roy, rédactrice en chef