L'après-crise selon les alumni

“Heureusement que nous pouvons y trouver du bon”, déclare Julien Corbel (alumni) en parlant de la crise sanitaire. Les premiers exemples qui lui viennent à l’esprit sont la réduction des transports, le développement du commerce local et la déstructuration des chaînes d’approvisionnement. Cependant, les impacts négatifs environnementaux ne lui échappent pas : « Depuis la fin du confinement, on est témoin de comportements aberrants ». Il nous rappelle que certains avions décollent d'une ville, font un tour et atterrissent au même endroit, dans le seul but de « promener » les gens à qui les voyages en avion ont manqué. Il attire ensuite notre attention sur un point qui nous concerne tous : « Pour des raisons d'hygiène, il est parfois plus facile d’utiliser des masques en papier, mais les gens oublient trop souvent qu’ils sont recyclables ». Posez-vous la question : ces fameux « masques bleus », combien de fois en utilisez-vous chaque jour, chaque semaine, chaque mois ? Mais surtout, où finissent-ils ?*

Pour Julien Duez, un autre alumni, la crise est un “cauchemar vivant”. Coincé dans un 20m2 en plein Paris, il a dû "se réapproprier le temps” pendant le confinement. Durant cette période, il a fait face au manque de sociabilité et à l’étouffement de la culture et a ainsi compris qu’il ne pouvait s’en défaire. Maintenant que les confinements sont finis, la vie reprend petit à petit son cours, mais “les gens ne se parlent plus et font tout à distance”. Pour lui, “la notion de normalité a complètement été altérée”.

Veronica Savastano (alumni) se confie également : “Le Covid m’a fait retourner à la réalité, j’ai compris ce qui était vraiment important. Je me suis fixée des objectifs plus concrets et j’ai mis de côté mes ‘rêves’ comme par exemple le fait de vouloir partir en Allemagne, acheter une maison… En ce moment, il faut se projeter sur des choses plus modestes. [...] Pour moi, la crise sanitaire est un réveil spirituel : il faut apprécier le quotidien et arrêter d'être éternellement insatisfait, il faut revenir à l’essentiel, profiter des relations humaines et des beautés de la planète, réagir sur l’écologie, l’environnement et nous rappeler que pendant qu’on était confinés la planète allait très bien. [...] On est dans un monde cruel, et j’espère que cette catastrophe a pu sensibiliser les gens”. Ces propos suscitent alors chez nous une réflexion : Que pouvons-nous faire à notre échelle ? Depuis novembre 2018, Julien Corbel a un projet « zéro déchet » avec l’association lyonnaise Anciela. Le but est de créer une application répertoriant des points de collecte de déchets. Par exemple, un particulier possédant un jardin pourrait « partager » son composteur. Du côté des professionnels, les entreprises recevant beaucoup de colis pourraient donner les cartons à celles qui ont besoin d’emballer. Voici un bel exemple d’initiative citoyenne.

 

Un jour, alors que la forêt est en feu, un colibri transporte dans son bec quelques gouttes pour l’éteindre. Un tatou l’observe et se moque : « c’est inutile, tu ne pourras jamais amener assez d’eau ». Alors le colibri répond « Je le sais, mais je fais ma part ». N’ayez pas peur de la portée de vos actions, si tout le monde « fait sa part », le feu finira par mourir.

 

ECR & SSX

 

* Un système de récupération des masques usagés a été mis en place au sein de l’Université Sorbonne Nouvelle (dans le hall d’accueil du bâtiment A) afin de leur donner une seconde vie.