Le silence sacré du quotidien

Vernissage de la peintre Andrea Szatmary, alumni du département d’Etudes germaniques

C’était un jeudi soir, le 10 novembre 2016, il pleuvait mais aussitôt entrées dans la salle de l’exposition « Après tout », à la maison de l’Argentine sur le campus de la Cité Universitaire, nous nous sommes senties comme à la maison.  

 

Andrea Szatmary, l’artiste, est une femme chaleureuse et accueillante, pleine de vie. Née en 1966 à Bratislava, elle quitte la Slovaquie avec sa famille, alors qu'elle n'a que trois ans, pour s'installer à Buenos Aires en Argentine. Elle y fait ses études à l’Ecole nationale des Beaux-Arts de 1984 à 1988. Puis, elle déménagera à Berlin pour approfondir ses connaissances à l’École supérieure des Beaux-Arts (Hochschule der Künste) et organiser des expositions en travaillant avec des artistes. Enfin elle décide de s'installer en France pour recommencer une nouvelle vie.

 

Depuis 2011, elle vit donc à Paris. En 2014, elle décroche la Licence d’Etudes germaniques à la Sorbonne Nouvelle Paris 3. Aujourd’hui, Andrea Szatmary enseigne l’allemand dans une école privée. Sur le plan artistique, elle s'est créé son propre univers. Cet univers, on le ressent tout de suite quand on voit ses tableaux. Une certaine sensation d'intimité qu’on peut aussi avoir chez soi à la maison. C'est une véritable citoyenne du monde que nous avons rencontrée, qui circule entre plusieurs langues : l’allemand, le français, l’espagnol et l’anglais. C’est précisément là, entre les mondes, qu'elle se sent le mieux. 

 

Ses tableaux sont figuratifs, ils représentent surtout des objets et des meubles. Plus précisément des canapés, des matelas, des fauteuils et aussi une baignoire. Des objets confortables que l'on associe avec des bons souvenirs, des objets du quotidien et des meubles qui nous invitent à nous asseoir et à nous sentir bien et à l’aise. Déjà sur l’invitation, une image du tableau « Matelas ». Elle ne s'est représentée elle-même que sur un seul portrait qui accompagne les autres tableaux. Sinon, elle ne fait pas d'autoportraits, ils ne font pas partie de son travail. Les portraits ne l'intéressent pas, car elle est fascinée plutôt par les traces que les gens laissent dans les endroits qu'ils ont habités. Un autre tableau porte le titre « Schwarzes Kleid » (« robe noire »), et cette robe là, elle l'a. Le tableau les plus abstraits s’appellent « Pierre ». Comme elle disait pendant la représentation: „Pas 'pierre' comme Jean-Pierre le prénom, pierre comme la pierre.“

 

Andrea Szatmary, femme inclassable, sait toujours où trouver une place dans la société; mais c’est surtout dans l’art, au-delà des frontières, qu’elle est chez elle. 

 JZ

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