Qui suis-je ?

     Je suis née et j’ai grandi dans le Rheingau, « entre le Rhin et les vignes » (du cépage Riesling). J’ai une famille extrêmement francophile. Ma mère a été au pair à Paris… par accident – elle devait à l’origine faire son séjour à Londres ! Elle est restée très francophile, et je suis moi-même en quelque sorte une enfant de la réconciliation franco-allemande, puisque mes parents ont dirigé un jumelage franco-allemand avec Puligny Montrachet en Bourgogne (autre grand cru de vin) – entre régions de vin, cela se complétait bien. Nous passions quasiment toutes nos vacances un peu partout en France. De ce point de vue, je connais beaucoup mieux la France que l’Allemagne ! Je l’ai beaucoup plus visitée. C’est aussi en partie cela qui a décidé le choix de mon lieu d’études : je voulais venir en France et aussi étudier dans une très grande ville, d’où le choix, plus tard, de Paris, d’où je ne suis plus jamais repartie.

 

     J’ai d’abord commencé des études de Romanistik, d’histoire et de Germanistik à Marburg. Je suis arrivée à la Sorbonne Nouvelle en 1992 pour ma troisième année de licence franco-allemande et j’ai poursuivi avec la maîtrise correspondante, en parallèle avec une licence d’Etudes théâtrales. J’ai ensuite fait une thèse sur Thomas Bernhard et Tchekhov. J’ai hésité longtemps entre ces deux choses qui m’intéressaient énormément : d’un côté, le théâtre, et de l’autre, l’enseignement et la recherche. Ma spécialité aujourd’hui dans mes recherches est la littérature allemande, et surtout le théâtre – j’ai pu combiner mes deux passions !

 

     En parallèle de mes études, j’ai travaillé de 1995 à 2001 au Théâtre à Châtillon et avec la Compagnie Serge Noyelle, comme assistante de mise en scène, conseillère littéraire (Dramaturgin), puis plus tard comme metteure en scène. J’ai commencé l’enseignement en même temps que l’écriture de ma thèse – j’avais passé l’agrégation un peu avant, et j’ai eu la chance d’obtenir un contrat doctoral (à l’époque appelé allocation de recherche), que j’ai pu combiner avec une charge de cours (monitorat à l’époque) à la Sorbonne Nouvelle en Etudes théâtrales, me permettant d’effectuer mon service dans le supérieur. J’ai donc mené de front ma thèse, mon travail à la Sorbonne Nouvelle, et celui au théâtre, pendant mes trois premières années de rédaction (j’ai fini ma thèse pendant une quatrième année, où je me suis consacrée à l’écriture et où j’ai eu une charge d’enseignement beaucoup plus lourde). C’était chargé, mais cela se complétait très bien : j’ai même monté une pièce de Tchekhov et vérifié certaines de mes hypothèses dans ma pratique.

 

     Je n’ai pas repris la mise en scène de manière professionnelle depuis, car j’ai privilégié ma carrière de maître de conférences, que je devais déjà concilier avec ma vie de famille en plein développement. Mais j’y ai retouché via l’université : j’ai notamment monté un spectacle autour du néo-capitalisme (Wir haben Visionen) en 2008. J’ai été ATER[1] en Etudes germaniques pendant la dernière année de ma thèse, que j’ai soutenue en 2001, puis en 2002 je suis devenue maître de conférences. En 2005 je suis devenue responsable de licence au département d’études germaniques, ce qui m’a amenée en 2007 à mener l’important réforme de la licence d’allemand et de la licence franco-allemande pour 2009. J’ai ensuite été de 2012 à 2014 responsable de la Mention LLCER (chargée donc du dossier d’habilitation des onze licences LLCER de notre université). J’ai ensuite dirigé avec Anne Larroy-Wunder le département d’Etudes Germaniques de 2015 à 2017, quand nous avons passé la main à Patrick Farges et Céline Largier-Vié.

 

     En ce moment, je fais des recherches sur le théâtre et la mise en scène avec le CEREG (projet Narrativités). Mon sujet dans ce cadre est la narrativité dans le théâtre : le concept est-il opérant dans le genre dramatique et au théâtre – et comment ? Mes enseignements portent par conséquent très souvent sur le théâtre, et la littérature de manière plus générale. Je prends également part depuis plusieurs années à la formation à l’agrégation, pour laquelle je traite souvent – avec grand plaisir – la question de littérature ancienne. J’enseigne aussi dans le Master MEEF. Enfin, je co-dirige avec Jürgen Ritte la licence d'études franco-allemandes et le double diplôme international (licence / bachelor) d'études interculturelles franco-allemandes avec la Freie Universität que j'ai créé avec Jürgen Ritte et que je co-dirige avec lui depuis 2014.

 

 

Qui suis-je ?

 

 

Propos recueillis par ao

 

 

[1] Etre attaché temporaire d'enseignement et de recherche permet de préparer une thèse ou de se présenter aux concours de recrutement de l'enseignement supérieur tout en enseignant, en qualité d'agent contractuel.