Qui suis-je ?

Passionné par les concepts de nation et de mémoire en Europe centrale et orientale, j'ai appris au travers de mes nombreux voyages et de ma carrière universitaire à déconstruire les stéréotypes et à comprendre la notion d'interculturalité. La chute du mur de Berlin en 1989 a été pour moi un événement marquant, qui m'a permis de découvrir cette « autre Europe », zone pleine de mystère. 

 

Je suis né en 1974 à Arras dans le Pas-de-Calais, dans une famille aussi peu germanophone que possible, et cela m'a semblé être une bonne raison pour faire de l’allemand. Dès le collège, j’ai participé à des échanges scolaires : la ville où j’habitais à l’époque, Vanves (dans les Hauts-de-Seine), était jumelée avec Lehrte près d’Hanovre. N’étant pas sûr de mon orientation professionnelle après le bac, je me suis tourné vers un Diplôme d’Études Universitaires Générales (DEUG) d’allemand. Durant mon passage à Asnières en 1992, j’ai obtenu une bourse me permettant d'aller étudier à Tübingen l’année suivante. Les cours passionnants proposés par l'université et l’expérience d’un séjour de 6 mois en Allemagne m’ont convaincu de prolonger mes études à l’étranger. J'ai alors obtenu une bourse Erasmus qui m'a permis de faire ma troisième année à Graz, choisissant cette ville pour découvrir l’Autriche et me rapprocher de l’ancien bloc de l’est. 

 

A côté de l’université, je profitais de cette localisation "stratégique" pour entreprendre de nombreux voyages - en stop, en bus, en train - vers l’Est : Hongrie, Slovénie, Croatie, Roumanie, Slovaquie, etc. Faire le lien entre la culture germanophone découverte en Allemagne et en Autriche et celle des pays d’Europe centrale et orientale m’intéressait beaucoup. J’ai fait à l'été 1994 mon premier grand voyage, de Prague à Damas. Je recevais un accueil très chaleureux dans chaque pays, où l’on me mettait pourtant en garde contre tous les brigands des pays voisins ! Ces idées reçues se sont toujours révélées fausses, et cela m’a donné une compréhension profonde, par l’expérience, de ce qu’est l’interculturalité, et de la nécessité de déconstruire les stéréotypes nationaux. Toutes ces notions acquises sur le terrain, je les ai ensuite consolidées par des connaissances universitaires, mais ces voyages furent pour moi très formateurs. 

 

J’ai donc prolongé mon séjour à Graz en quatrième année avec un poste d’assistant, et ne suis rentré en France qu’après toutes ces années en milieu germanophone, l'esprit rempli d'idées et de projets de recherche. Seulement, j'appris à mon retour qu'il était nécessaire que je passe l’agrégation pour faire de la recherche. Après deux ans de préparation, je l'obtint en 1998. J’ai ensuite enseigné pendant deux ans dans le secondaire, mais me suis rendu compte que je préférais reprendre la recherche et enseigner dans le supérieur. L’année suivante, j’obtins une bourse pour entamer une thèse. Je voulais allier réflexion sur les politiques mémorielles, avec lesquelles je m'étais déjà familiarisé durant mon mémoire de maîtrise, et mon intérêt pour l’Europe centrale et orientale. J’ai soutenu cette thèse en 2006, elle s’intitulait « Les frontières du dicible : les Saxons de Transylvanie et la Seconde Guerre Mondiale ».

 

En parallèle de ma thèse, j’avais travaillé en tant qu’ATER à l’Institut d’études européennes de Paris 8, ce qui m’avait permis d’élargir mon domaine d’études aux thématiques de la construction nationale en général. Juste après ma soutenance, j’ai été recruté comme maître de conférences à l’université de Reims, et après quelques années d’enseignement en Champagne-Ardennes, j’ai été recruté à Paris 3, où j’enseigne depuis. ­

 

A côté de cette carrière très académique, j’ai développé depuis mes années d’études en Allemagne et en Autriche une importante activité musicale en tant que chanteur. Ces deux parcours mobilisent des ressources très différentes mais elles se complètent et peuvent aussi se rencontrer – j’initie depuis deux ans les étudiants préparant les concours dans notre département aux techniques de respiration et de placement de voix pour les préparer à la fois aux oraux et à leur future activité d’enseignant.

 

dad, can