qui suis-je ?

La pandémie rend parfois généreux. Nous avons commencé l'année avec deux rédactions, une bleue et une orange, et aucune des deux ne se voyait faire l'impasse sur la rubrique du Qui suis-je ?. Les rédactions ont certes fusionné ensuite, lors de la période du travail à distance. Mais nous ne sommes pas revenus sur le dédoublement de la rubrique. Vous aurez donc dans ce numéro deux énigmes à élucider. Viel Spaß!

qui sommes-nous ?

Née en 1969, ni en France, ni en Allemagne, mes parents ont zigzagué entre des régions germanophones et francophones. C'est pourquoi je suis bilingue et que j'ai connu 12 systèmes scolaires successifs. Enfant, je voulais devenir soit institutrice, soit agricultrice biologique. On peut dire que l’un de ces objectifs est presque atteint. À Münster, en Westphalie, j'ai fini par passer un Abibac dans un lycée franco-allemand. C’est dans la même ville que j’ai également commencé des études de philosophie, de germanistique et de sociologie. À l'époque, le système voulait que tous les étudiants de tous les niveaux suivent les séminaires ensemble. C'était très impressionnant et cela me plaisait beaucoup. A Paris, j’ai d’abord fait une école de journalisme, puis une maîtrise franco-allemande à la Sorbonne Nouvelle. Je me souviens bien d’une pièce de théâtre que nous avions montée avec d'autres étudiant.e.s, une comédie musicale écrite et réalisée, en marge des cours. C’était une pièce bilingue qui avait pour titre "Pourquoi faire simple, quand on peut faire franco-allemand" ! Nous avons ensuite pu jouer dans un petit théâtre parisien.

 

Les arts plastiques sont une autre de mes passions, raison pour laquelle j'ai poursuivi une formation artistique et d’histoire de l’art en même temps. Au total j’aurai mis 9 ans pour finir ma thèse ! Je ne le regrette pas, car ce temps était nécessaire pour l’incubation de ma recherche. Et puis j’ai fini par en tirer trois livres. J’ai  longtemps poursuivi des activités artistiques et journalistiques en parallèle, mais je suis heureuse aujourd’hui d’avoir finalement choisi l’enseignement. C’est un métier qui a du sens.

Après y avoir étudié, j’ai eu la chance d’enseigner à la Sorbonne Nouvelle dès la fin des années 1990, en tant qu'ATER, plus tard j’ai été titularisée. C'était en 2010. À l’époque, le département d’études germaniques était encore un institut situé en proche banlieue, dans la ville d’Asnières. L'atmosphère entre étudiants et professeurs était très conviviale. Le bâtiment, un préfabriqué des années 1970, était entouré d’espaces verts, avec des rosiers, des magnolias. En été, on y faisait même des barbecues ! Nous n’avions pas de problèmes de salles et d’emplois du temps, il y avait de la place pour tout le monde.

 

Au moment de quitter Asnières en juin 2012, nous avons organisé une fête avec les étudiants et fondé l’Association alumni Pierre Bertaux. Nous devons le nom de notre revue, asnieres-a-censier, à une citation tirée d’un discours de Valérie Robert, qui était alors directrice. Tout comme l'université de Vincennes s'est installée à Saint-Denis en espérant qu’elle garderait son âme rebelle (d’où l’expression « Vincennes à Saint-Denis »), nous nous sommes jurés de garder l’esprit d’Asnières en arrivant à Censier. Après l’emménagement dans le Quartier Latin, l’identité presque familiale du département a été un peu dissoute dans la masse, il faut l’avouer, même si en rejoignant Censier notre offre de cours s’est aussi beaucoup diversifiée. Aujourd’hui, ce que je préfère enseigner, c’est la poésie du 20e siècle, l’histoire de l’art, les problèmes posés par l’intermédialité et l’interculturalité. J'apprécie beaucoup le travail et les échanges avec les étudiants, et j’espère qu’ils et elles garderont un bon souvenir de leurs études malgré les conditions très particulières de la pandémie.

 

Qui suis-je ?

 

 Propos recueillis par LBa

 

Je suis arrivée en France avec mes parents en hiver 1986. Venant d’un pays du Sud, je restais bouche bée face à la neige toute blanche et glaciale qui couvrait les rues de Paris. Je n’avais à l’époque que six ans, c’était donc une période assez courte que j’avais passé dans mon pays natal. Quand j’y voyage maintenant, c’est plutôt en touriste.

 

J’ai toujours été intéressée par la pédagogie et la formation, ce qui m’a assez tôt amenée à m’engager dans ces domaines. À l’école, dans le cadre des tutorats, j’aidais les petits qui étaient dans leur première année de collège. Étudiante, je donnais des cours à des collégiens. De plus, j’ai réalisé plusieurs missions de bénévolat auprès de jeunes adolescents ayant des handicaps physiques ainsi que mentaux.

 

Après avoir obtenu un bac médico-social, j’ai commencé une année d’université à Nanterre. L’université gigantesque ne me plaisait pourtant pas vraiment, je m’y sentais assez perdue et j’avais envie d’être active et de me sentir utile plus vite. C’est pourquoi j’ai commencé une formation d’assistante de direction. La formation achevée, je travaillais dans des domaines très différents comme par exemple dans la protection de l’enfance ainsi que dans la formation professionnelle. Il va sans dire que l’ambiance de travail dans un foyer éducatif n’est pas du tout comparable à celle dans une entreprise. Du monde de l’entreprise, je me suis pourtant assez vite éloignée. Le contact humain et l’aspect pédagogique qui m’inspirent et dont j’ai besoin afin d’être bien dans mon travail m’y manquaient.

 En 2012, j’ai postulé à un poste d’assistante de direction aux ressources humaines à la Sorbonne Nouvelle. J’ai finalement obtenu un poste au département d’études germaniques, qui était dans un grand désarroi administratif. Aujourd’hui j’en suis très heureuse, j’apprécie avant tout la dimension humaine du département et l’ambiance familière rendant le travail agréable.

 

Au département, je suis responsable du suivi et de l’accompagnement des étudiants dans leurs études, c’est-à-dire des inscriptions, de la gestion des notes, des emplois du temps et du suivi et de la transmission des informations. La gestion des enseignants et la formation des nouveaux collègues entrent également dans mon domaine de compétences. Mon engagement n’est toutefois pas limité au seul département d’études germaniques. En tant qu’élue et membre du bureau de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire (CFVU), je travaille dans celui des conseils centraux de l’université qui décide des grandes orientations pédagogiques de notre université.

 

Maintenant c’est à vous de deviner ! Qui suis-je ?

 

Propos recueilli par  EK