Le livre

Les médecines alternatives en Allemagne, Revue Allemagne d'aujourd'hui, 2019/3, n° 229

 

Dans la présente édition de la revue Allemagne d'Aujourd'hui, Jean-Louis Georget et Guillaume Robin dirigent un dossier spécial sur les médecines alternatives, en plein développement en Allemagne. Par opposition les Français semblent plus sceptiques. Grâce à une grande variété d'experts tels que des psychologues cliniciens, des journalistes, des praticiens alternatifs et des médecins conventionnels intéressés par la médecine intégrative, le dossier retrace l’historique passionnant des médecines alternatives, en expliquant en quoi la situation des médecines complémentaires en France diffère de celle en Allemagne. 

 

À propos des éditeurs

Jean-Louis Georget
Jean-Louis Georget

Jean-Louis Georget est maître de conférences au  département LEA de la Sorbonne Nouvelle et chercheur au centre Georg Simmel. Il dirige le programme ARN/DFG Anthropos et codirige le programme des ethnologies germanophones de l’encyclopédie Berose.

Guillaume Robin est maître de conférences à l’Université Descartes et chercheur au laboratoire de l’Institut des Sciences Sport Santé / TEC. Son champ de recherche actuel, au carrefour de la sociologie, de l’anthropologie et de l’histoire culturelle, porte sur les pratiques corporelles dans le milieu technologique à Berlin.

 

En autre rapport au corps en Allemagne

Georget et Robin attirent l'attention sur les différences entre la situation médicale de l’Allemagne et celles des autres pays. Il existerait « un autre rapport au corps et pour cela une façon différente dont les soins sont abordés en Allemagne ». Si les femmes semblent avoir un goût plus prononcé pour les thérapies non-conventionnelles que les hommes, la tendance en faveur des médecines alternatives telles que l’homéopathie ou l’ostéopathie résulte d'un sentiment d’insatisfaction à l'égard des médecines conventionnelles, et d’un effet psychologique globalement plus positif. 

 

La tradition des médecines alternatives

En Allemagne, l’évolution des perceptions des médecines alternatives ainsi que de leur cadre juridique ont favorisé une plus forte implantation de celles-ci et des « Heilpraktiker », reconnus depuis 1939. La France accorde un statut différent aux médecines alternatives. A l'exception des chiropracticiens et des ostéopathes, les professions liées aux médecines alternatives ne sont pas réglementées. L’approche allemande est celle d’une médecine intégrative qui veut voir collaborer médecine traditionnelle et médecine complémentaire. Ce dernier aspect n’est pas pris en compte en France où les médecines complémentaires sont souvent considérées comme un mouvement « anti-science » et même un danger pour la population. Ceci explique pourquoi la tradition des médecines complémentaires est beaucoup plus récente en France qu’en Allemagne et, par conséquent, beaucoup moins intégrée et reconnue dans la société.

 

L’effet de la mondialisation

Georget et Robin présentent une vision globale de « l’intrusion du monde dans l’espace occidental de la médecine ». Le monde ici, c’est la Chine, l’Inde et le Japon. Les savoirs de ces pays ont influencé la médecine alternative, notamment en Allemagne de l’Ouest à partir des années 1970. Le dossier retrace les débuts de la médecine chinoise traditionnelle (MTC), la médecine ayurvédique et l’acupuncture. Le sujet des thérapies alternatives qui font appel à l’usage de drogues hallucinogènes comme la MDMA ou le LSD est également abordé dans le dossier. 

 

Quel public ciblé ?

Jean-Louis Georget a l’intention de publier prochainement un dossier sur le contexte historique des médecines alternatives en Allemagne, contenant également un récapitulatif du paysage de ces nouvelles approches médicinales, ou plutôt de la « médecine complémentaire ». Cette publication s’adresse principalement à des étudiants intéressés par le sujet. C’est un dossier à la fois passionnant et instructif, permettant au lecteur de découvrir un nouveau monde et de nouvelles perspectives en la matière. Chacun des articles est en lui-même une invitation à la réflexion.

arn