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Le terme de « restauration collective » évoque à chacun d’entre nous de bons ou de mauvais souvenirs, plus ou moins récents. Nous l'avons tous fréquentée et la fréquenterons encore, que ce soit par le passé en cantine scolaire, ou encore en restaurant universitaire, ou peut-être bientôt en restaurant d’entreprise.

 

Les habitudes alimentaires des étudiants et leur rapport à la restauration collective universitaire ont été notre fil rouge tout au long de la rédaction de ce nouveau numéro de la revue Asnières-à-Censier.

 

Sujet brûlant pour le gouvernement, la restauration collective est actuellement au cœur de discussions et de projets qui concernent la composition des menus. Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron promettait en effet que d’ici 2022, 50 % des produits proposés par les cantines et restaurants d’entreprise seraient bios, écologiques ou issus de circuits courts. Une fois élu président, il a repris cette promesse lors de son discours sur les Etats généraux de l’alimentation en octobre 2017. Le 3 décembre dernier, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, affirmait dans le Journal du Dimanche que cette moitié serait inscrite dans la loi. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, souhaite quant à lui instaurer un repas végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires. 

 

Au fil des gouvernements, des mesures sont prises afin d’améliorer le quotidien gustatif, notamment de nos enfants, en milieu scolaire. De nombreuses initiatives se sont développées directement dans certains établissements d’enseignement supérieur ou à l’échelle communale, bousculant parfois les codes traditionnels.

 

Pour le CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires), s’améliorer, c’est aussi comparer. En s’inspirant de nos voisins d'outre-Rhin lors des rencontres franco-allemandes annuelles entre l’institution française et son homologue allemande (le Studierendenwerk), il essaye de changer certains aspects de son offre. Et de répondre aux problématiques contemporaines chères aux usagers potentiels : d’où viennent les produits exploités ? Comment intégrer les régimes, notamment végétarien et végétalien, qui se développent dans la société actuelle, afin d’atteindre un nouveau public ?

 

Cette année, l’équipe des rédacteurs d'asnieres-a-censier.fr a décidé de joindre l'action à l'enquête et l'écriture d'articles. En collaboration avec Jean-François Patern, nous avons fait germer différentes idées d’actions possibles au sein de notre campus : ajout de fruits bios dans les distributeurs déjà existants et lancement d’un menu bio et vegan à la cafétéria Censier. Nous nous sommes également penchés sur le gaspillage alimentaire, en mettant en place une action sur deux jours consécutifs au resto U (cf les encarts à droite).

 

Lancer un tel menu permet, à l’échelle du Campus Censier, de pallier à un manque d’offres végétariennes, végétaliennes ou bios, ce que beaucoup d’étudiants de la Sorbonne Nouvelle déplorent. Seule la librairie du trottoir d’en face de la fac permet de se faire livrer des paniers de fruits et légumes bios à proximité du lieu d’études, une fois par semaine.

 

Notre intérêt pour la restauration collective a dépassé les frontières, et nous nous sommes notamment penchés sur le cas de la Veggie-Mensa (comprenez « cantine végétarienne ») de la Freie Universität de Berlin, et sur toute la signalétique, le 'Ampelsystem' (système de feux tricolores associé à chaque plat selon sa composition), mise en place autour afin d’informer un peu plus les consommateurs sur ce qui se trouve dans leurs assiettes. Car la volonté de changer de régime alimentaire est parfois mise à l’épreuve par des sigles méconnus et flous, tels les labels bios, apparus il y a bien plus longtemps outre-Rhin.  

 

Alors, est-ce la fin de la restauration collective telle qu’on la connaît ? Ou plutôt le début d’une forme de restauration plus responsable ? 

 

Cléa Péculier