Déménagements : Asnières - Censier - Picpus

Curieux de savoir si elle pouvait nous en dire un peu plus sur l’ancienne bibliothèque d’Asnières, sur le fonctionnement actuel de la bibliothèque, mais aussi sur les différents déménagements, nous avons rencontré Bettina Lande-Tergeist le lundi 26 novembre 2018, dans son bureau situé un peu à l’écart, en bâtiment E. 

Bettina Lande-Tergeist fait partie du pôle “Asnières” de la bibliothèque de la Sorbonne Nouvelle. Plus précisément, elle travaille au service centralisé des acquisitions et du traitement des ouvrages en allemand. Pour savoir quels livres vont devoir être commandés en allemand, elle travaille avec les brochures et les bibliographies constituées par les professeurs, afin de pouvoir proposer les ouvrages correspondants aux étudiants. Elle ne contrôle cependant pas les contrats fixés par l’université et utilise des catalogues d’acquisition spécifiques. ERASMUS est par exemple un fournisseur pour les livres d’allemand. 

 

C’est avec nostalgie que Madame Lande-Tergeist nous parle du site d’Asnières, fondé en 1968 à la place d’un lycée. Elle nous montre un plan de la grande salle des fêtes,  très lumineuse, et où se trouvait un piano. La bibliothèque d’Asnières et la bibliothèque de Censier sont très différentes. Sur le site de Censier se trouve un magasin modulaire, qui permet de stocker plus de livres en prenant moins de place et de conserver les ouvrages plus longtemps. Cela n’existait pas à Asnières, tous les livres étaient en “libre-accès”. 

Les e-books sont-ils la solution pour pallier au manque de place?

 

Le manque de place est un des enjeux majeurs pour les bibliothèques universitaires. Un système de P.E.B (prêts entre bibliothèques) a donc été mis en place. Madame Lande-Tergeist suggérait aussi un centre de stockage commun à toutes les bibliothèques et un système de navettes, qui permettrait un plus grand choix de livres pour toutes les bibliothèques. Egalement à cause du manque de place, Bettina Lande-Tergeist est de plus en plus confrontée à l’acquisition de e-books, car les bibliothèques universitaires s’adaptent aux nouvelles technologies. 

 

De nouvelles législations se mettent en place et de nouvelles questions se posent : plusieurs étudiants peuvent-ils avoir accès au même livre numérique en même temps ? Pour combien de temps ?  Une chose est sûre : pour ce qui est des déménagements, les livres numériques posent moins de problèmes. Mais est-ce vraiment la solution ? Ces livres sont-ils idéaux pour travailler ? 

 

En raison du déménagement à Picpus, de nombreuses réunions ont lieu entre les différents employés du pôle de la bibliothèque, mais de multiples questions restent ouvertes. Ce qu’on l’on sait pour l’instant, c’est que la bibliothèque sera plus grande. Elle devrait s'étaler sur quatre étages et les bureaux des employés se trouveront sur place, au quatrième. Il y aura un magasin modulaire, mais il ne se trouvera pas entre les deux salles comme c’est le cas sur le site de Censier. On y aura accès par un monte-charge, ce qui angoisse les employés, et les laisse pour la plupart très sceptiques quant aux pannes de ce monte-charge, qui risquent de retarder les demandes de prêt. 

 

Beaucoup de questions restent en suspens : comment le prêt se déroulera-t-il ? Combien de temps prendra la recherche d’un ouvrage ? Qu’est ce qui sera en libre-accès ? Quelles formes prendront les cotes ?    

 

 

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« Campus Picpus : une Nouvelle Sorbonne pensée pour les étudiants »

 

© Atelier Christian de Portzamparc

Début 2010, le projet de relocalisation de Paris 3 prend place, trois ans plus tard, c’est le site de Picpus-Nation qui est retenu. Les étudiants passent d’un site délabré de 20000  m² dans le quartier latin, à un site  de 25 000 m², mais neuf, dans le quartier de Picpus, créant une nouvelle dynamique dans le 12e arrondissement. Des acteurs multiples (internes et extérieurs) ont participé à la prise de décision pour le fonctionnement du futur site, en laissant une place importante aux étudiants.


Dates clés : 

10/2013 : budget de 135 millions d’euros pour le projet de relocalisation de Paris 3 ; 

 Site Nation retenu pour les nouveaux locaux 

 

12/2014 : signature officielle entre le cabinet d’architecte Ch. De Portzamparc, le conseil d’administration de Paris 3 et l’EPAURIF (Établissement Public d’Aménagement Universitaire de la Région Ile-de-France) 

 

12/2016 : coûts de construction = 135,3 millions d’euros, répartis comme suit : Etat : 113,3 millions, région Ile-de-France : 20 millions, Ville de Paris : 2 millions. 

 

24/02/2017 : pose de la première pierre du Campus Nation 10/03/2017 : première visite du chantier Nation par le personnel


Entretien avec Mathilde Noury, vice-Présidente étudiante de l’université Sorbonne-Nouvelle, Paris 3, depuis janvier 201 : « Je me suis sentie légitime, pas forcément écoutée, mais légitime. »    

Le site de Nation est « un lieu d’enseignement où le travail individuel, la vie collective et le nombre d’étudiants doivent se conjuguer » (Cabinet Christian de Portzamparc).

Le Cabinet Christian de Portzamparc a été retenu parmi les cent-dix candidatures proposées, afin de donner une nouvelle structure à l’université Paris 3 dans le quartier de Picpus. Pensé pour les (futurs) étudiants, ce projet peine à impliquer les avis et revendications de ses usagers actuels. Même si la transparence est l’une des priorités des acteurs décisionnels, un projet qui a débuté un 2010, pour des premiers enseignements prévus en 2020 ne peut que difficilement intéresser des étudiants dont la durée moyenne à l’université est de 2 ans. Comment mobiliser à long terme des étudiants occupés, stressés et mobiles dans leurs études, sur un projet qui ne les concerne finalement que très peu ? Questions ouvertes, débats, expositions-photos… Malgré les possibilités, les séances demeurent vides… Le Conseil administratif propose des discussions et des informations accessibles par tous (site internet, affiches dans la fac) sur le projet de Nation, mais peu d’étudiants s’y intéressent.  

Les élus étudiants pourtant travaillent avec les différents acteurs (Présidence, Mairie de Paris, corps professoral, services administratifs, CROUS) pour faire valoir les besoins des étudiants. Mathilde Noury était impliquée à chaque moment du projet : « Je me suis sentie légitime, pas forcément écoutée, mais légitime ». La prise en compte des étudiants est primordiale, car il s’agit ici d’organiser et de prévoir le matériel pédagogique disponible sur le campus de Nation. La Mairie de Paris, les architectes et la Présidence de l’université ont pris soin de garder le contact de la vice-présidence qui fait fonction de médiateur entre les étudiants et la prise de décision.  

Le nouveau site a fait peur. Il a été « diabolisé » par les fausses informations qui circulaient en 2016 et en 2017 sur le lien entre le campus et la fusion des universités. Certes le campus de Nation est plus petit en surface, mais tout y est agencé pour les besoins des étudiants (cafétéria, restaurant universitaire, réaménagement de la bibliothèque, espaces de travail, salles multimédia…).  La problématique demeure pour les corps professoral et administratif, qui s’inquiètent pour leurs locaux.  

 
 

  stp