Bientôt Censier à Picpus


Campus Picpus : « une Sorbonne Nouvelle pensée pour les étudiants »

 

© Atelier Christian de Portzamparc

Début 2010, le projet de relocalisation de Paris 3 prend place, trois ans plus tard, c’est le site de Picpus-Nation qui est retenu. Les étudiants passent d’un site délabré de 20000  m² dans le quartier latin, à un site  de 25 000 m², mais neuf, dans le quartier de Picpus, créant une nouvelle dynamique dans le 12e arrondissement. Des acteurs multiples (internes et extérieurs) ont participé à la prise de décision pour le fonctionnement du futur site, en laissant une place importante aux étudiants.


Dates clés : 

10/2013 : budget de 135 millions d’euros pour le projet de relocalisation de Paris 3 ; 

 Site Nation retenu pour les nouveaux locaux 

 

12/2014 : signature officielle entre le cabinet d’architecte Ch. De Portzamparc, le conseil d’administration de Paris 3 et l’EPAURIF (Établissement Public d’Aménagement Universitaire de la Région Ile-de-France) 

 

12/2016 : coûts de construction = 135,3 millions d’euros, répartis comme suit : Etat : 113,3 millions, région Ile-de-France : 20 millions, Ville de Paris : 2 millions. 

 

24/02/2017 : pose de la première pierre du Campus Nation 10/03/2017 : première visite du chantier Nation par le personnel


Entretien avec Mathilde Noury, vice-Présidente étudiante de l’université Sorbonne-Nouvelle, Paris 3, depuis janvier 201 : « Je me suis sentie légitime, pas forcément écoutée, mais légitime. »    

Le site de Nation est « un lieu d’enseignement où le travail individuel, la vie collective et le nombre d’étudiants doivent se conjuguer » (Cabinet Christian de Portzamparc).

Le Cabinet Christian de Portzamparc a été retenu parmi les cent-dix candidatures proposées, afin de donner une nouvelle structure à l’université Paris 3 dans le quartier de Picpus. Pensé pour les (futurs) étudiants, ce projet peine à impliquer les avis et revendications de ses usagers actuels. Même si la transparence est l’une des priorités des acteurs décisionnels, un projet qui a débuté un 2010, pour des premiers enseignements prévus en 2020 ne peut que difficilement intéresser des étudiants dont la durée moyenne à l’université est de 2 ans. Comment mobiliser à long terme des étudiants occupés, stressés et mobiles dans leurs études, sur un projet qui ne les concerne finalement que très peu ? Questions ouvertes, débats, expositions-photos… Malgré les possibilités, les séances demeurent vides… Le Conseil administratif propose des discussions et des informations accessibles par tous (site internet, affiches dans la fac) sur le projet de Nation, mais peu d’étudiants s’y intéressent.  

Les élus étudiants pourtant travaillent avec les différents acteurs (Présidence, Mairie de Paris, corps professoral, services administratifs, CROUS) pour faire valoir les besoins des étudiants. Mathilde Noury était impliquée à chaque moment du projet : « Je me suis sentie légitime, pas forcément écoutée, mais légitime ». La prise en compte des étudiants est primordiale, car il s’agit ici d’organiser et de prévoir le matériel pédagogique disponible sur le campus de Nation. La Mairie de Paris, les architectes et la Présidence de l’université ont pris soin de garder le contact de la vice-présidence qui fait fonction de médiateur entre les étudiants et la prise de décision.  

Le nouveau site a fait peur. Il a été « diabolisé » par les fausses informations qui circulaient en 2016 et en 2017 sur le lien entre le campus et la fusion des universités. Certes le campus de Nation est plus petit en surface, mais tout y est agencé pour les besoins des étudiants (cafétéria, restaurant universitaire, réaménagement de la bibliothèque, espaces de travail, salles multimédia…).  La problématique demeure pour les corps professoral et administratif, qui s’inquiètent pour leurs locaux.  

 
 

  stp


Le destin du campus Censier : les hypothèses d'un quartier

Nous allons déménager et c’est pour bientôt ! Le nouveau campus de la Sorbonne-Nouvelle se concentrera sur deux pôles, la Sorbonne et Nation. Sur le site officiel de l’université figurent les nouvelles mises à jour relatives au chantier de l’Avenue Saint-Mandé où des palissades ont été récemment installées : « Ici nous construisons l’université citoyenne, la Sorbonne-Nouvelle » lit-on sur la barrière blanche et verte au design innovant. Des hublots de différentes tailles dégagent la vue sur des grues et des échafaudages. Mais les constructions seront-elles finies en septembre pour permettre un déménagement dans les délais ? Et qu’adviendra-t-il de Censier ?

La vue depuis les locaux du département d'Etudes germaniques
La vue depuis les locaux du département d'Etudes germaniques

Dans l’objectif d’y voir plus clair, nous avons mené l’enquête dans le quartier. Mais si consensus il y a, il ne nous éclaire pas davantage. L’employée du Franprix de la rue Santeuil nous dit entre deux clientes : « Bien sûr que nous sommes au courant que les étudiants partiront, mais personne nous a renseigné sur ce qui se fera du site Censier. On maintiendra peut-être la bibliothèque, il paraît que d’autres étudiants viendront s’y installer, mais un des bâtiments sera sûrement détruit. Il est mal construit. L’info ne circule pas. » Ferait-elle allusion à l’amiante dans les murs ? Ou tire-t-elle ses propres conclusions quant au destin des bâtiments ?

 

Conversations de bistrot

 

Dans le bistrot d’à-côté, on nous tient un discours semblable. « Je ne suis pas Dieu et j’aimerais bien que la maire me passe un coup de fil », ironise ce commerçant qui, lui aussi, reste dans l’incertitude. Dans le copyshop de la rue Censier, une employée remet même en question le déménagement en septembre : « Ça fait quatre ans que les professeurs me parlent d’un déménagement, mais pour l’instant, nous n’avons reçu aucune information officielle. Apparemment, ils ne trouvent pas de locaux assez grands pour accueillir les étudiants. » Même la gardienne de l’immeuble d’en face nous fait part de son ignorance concernant la situation actuelle et nous conseille de voir la maire en personne.

 

Les silences de la mairie

 

À la mairie du Ve arrondissement, nous sommes prises en charge, et tant bien que mal le secrétariat prend note de notre demande. Que se passera-t-il sur le site de Censier ?

 

Depuis un certain temps, c'est silence radio. Mais si nous n'avons pas eu de nouvelles, l'imagination reste au rendez-vous et demeure pour la moins florissante ! Un nouveau centre culturel pour le quartier latin ? Une bibliothèque municipale ? Une aire de jeu peut-être, après la destruction du site ? Ou de nouveaux logements sociaux ? Incertain, quelles surprises seront réservées à la Rue Santeuil. À suivre. 

stp, msb