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L'institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris est voisin de la Sorbonne Nouvelle depuis 26 années

En tournée d'exposés devant la Grande Mosquée de Paris
En tournée d'exposés devant la Grande Mosquée de Paris

 Le département d'études arabes, hébraïques, indiennes et iraniennes de l'université de la Sorbonne-Nouvelle et l'institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris n'ont jamais travaillé ensemble. Et pour cause, ils ne partagent pas les mêmes objectifs.

 

Il est 15h30 devant la grande mosquée de Paris, quand nous croisons un professeur de l'institut Al Ghazali. Pour avoir des informations sur l'établissement, il nous renvoie au responsable pédagogique, qui est au téléphone de l'autre côté de la rue. Cet homme, c'est Abderrahmane Belmadi, il n'hésite pas une seconde à nous faire visiter l'école, qu'il venait pourtant de quitter.

 

Après une visite de l'institut et des présentations chaleureuses du responsable, nous ressortons avec une idée en tête : l'institut de la Mosquée de Paris n'a jamais eu de partenariat avec l'université de la Sorbonne-Nouvelle, alors même qu'ils sont voisins depuis vingt-six années.

 

L'établissement travaille notamment en collaboration avec l'Institut juif Elie Wiesel et l'Institut catholique de Paris. « Le but de ces collaborations est de faire se rencontrer les religions » explique Abderrahmane Belmadi. De plus, elle a un partenariat avec l’Université Paris 1 : « les arabophones en formation pour devenir Imam doivent prendre des cours de philosophie et d'histoire de la France à la fac », justifie-t-il. Mais pourquoi n'existe-t-il pas de projets entre la Sorbonne-Nouvelle et l'institut ?

 

L'institut Al-Ghazali propose des formations religieuses

 

L’Institut Al-Ghazali propose différentes formations à ses élèves. Les enfants de 6 à 16 ans - ils sont trois-cent cette année - étudient l’arabe et le Coran le mercredi et le week-end. Plusieurs parcours sont possibles pour les adultes arabophones. « Ici on peut devenir aumônier, Imam ou alors obtenir l’équivalent d’une Licence en sciences religieuses ! », se réjouit le responsable pédagogique.

 

Les adultes francophones (et pas forcément musulmans) - ils sont cent-trente cette année - peuvent s’inscrire à l’Institut « pour apprendre la langue arabe pour débutants et les fondements de la jurisprudence religieuse et la science du Coran », affirme Abderrahmane Belmadi. « On a en tout dix-sept professeurs et six salles de classe d’une capacité d’environ vingt élèves », signifie-t-il.

 

L'université dispense des cours laïques

 

Les cours enseignés dans l'enclos de la Mosquée de Paris ne permettent cependant pas aux élèves d'obtenir un diplôme universitaire français, comme le permet une formation à la Sorbonne Nouvelle. L'université ne propose pas de formation pour devenir Imam, mais bien une Licence ainsi qu'un Master d'Arabe dans le département d'études arabes, hébraïques, indiennes et iraniennes. Sur le site de l'université, c'est ainsi qu'est décrit la formation : La licence « offre une formation cohérente fondée sur l’étude de la langue, de la littérature, de l’histoire, des sciences sociales et de la civilisation des pays de langue arabe, envisagés dans leur diversité historique et géographique. » L'objectif pour les étudiants sortant de ce parcours : « Disposer de connaissances en littérature arabe classique et moderne
 et maîtriser les fondements de l’histoire et de la sociologie du monde arabe
 », peut-on lire sur le site officiel de la Sorbonne Nouvelle.

 

Une bibliothèque de l'institut peu accessible aux étudiants de Censier

 

Les cours donnés à l’Institut Al-Ghazali ne sont pas suivis par les étudiants de Censier et la bibliothèque n'est d'ailleurs pas plus fréquentée. Une élève du département d'études arabes de Censier témoigne : « on n'y va presque jamais parce que de toute façon on ne peut pas emprunter les livres de la bibliothèque ». D’après Abderrahmane Belmadi, si les élèves ne peuvent pas emprunter les livres, c'est parce qu'ils « sont anciens et triés par volume ». Le départ de Paris 3 ne changera donc sans doute pas la fréquentation de la bibliothèque. Par ailleurs, les archives de la Mosquée de Paris ne sont pas accessibles au public.

 

Ainsi, on pourrait penser que le départ de l'université de Paris 3 de Censier vers Nation ne risque pas d'impacter ses relations avec la plus ancienne mosquée de France.

 

lec et mad