"Paris est une fête" d’Ernest Hemingway

« Tu m’appartiens et tout Paris m’appartient, et j’appartiens à ce cahier et à ce crayon. »

Publiée à titre posthume par la maison d’édition Charles Scribner’s Sons, Paris est une fête (titre original : A Moveable Feast), œuvre fictive et autobiographique en même temps, parle de la vie du jeune Hemingway dans la ville des lumières dans les années 20. C’est sa dernière femme, Mary Welsh, qui s’occupe de la publication. Le roman sera ensuite traduit en français par Marc Saporta, également en 1964.

Ernest Hemingway est un auteur et journaliste américain (*1899 à Oak, † 1961). Pendant toute sa vie il voyage beaucoup, assiste à la Première Guerre mondiale, vit la Guerre civile en Espagne en tant que reporter et témoigne du débarquement des Alliés en Normandie. Il deviendra célèbre pour son style d’écriture, ses phrases concises et les paragraphes courts.

Dans le roman Paris est une fête Hemingway raconte la vie parisienne, et surtout la vie dans le quartier latin dans les années 20, mais il rend également hommage à des personnages et personnalités importants de l’époque. Il manifeste l’amour qu’il éprouve pour la vie parisienne et pour sa femme Hadley Richardson (*1891, †1979). Malgré leurs rentrées d’argent médiocres, ce sont des années heureuses et riches en expériences. Le bonheur ne résiderait-il justement pas dans cette contradiction ? L’œuvre est présentée comme une fiction, mais contient aussi un côté autobiographique : Hemingway illustre par des vignettes courtes les moments heureux qu’il vit dans les années 20 à Paris, se déroulant souvent dans le quartier latin. Néanmoins, ce n’est pas seulement la vie à Paris, mais aussi les impressions d´un observateur affuté que l´on découvre. Hemingway raconte ses premières années en tant qu’écrivain, lorsqu’il quitte le journalisme pour se dédier à la prose – une aventure.

Dans la vie d’Hemingway aucune journée ne ressemble à la journée précédente, il fait régulièrement la connaissance d’une nouvelle célébrité. Le jeune homme est sur le point d'apprendre et d'absorber tout ce qu'il peut de la ville. Ainsi il nous emmène dans beaucoup de cafés et restaurants du quartier latin, lieux où il trouve l’ambiance parfaite pour écrire. Certains cafés et restaurants existent toujours, comme « Chez Michaud ». D’ailleurs, Hemingway ne sait non seulement décrire des aventures, mais il sait les vivres aussi. Ainsi il accompagne l’auteur Scott F. Fitzgerald (The Great Gatsby, 1925), grand malade (car désespérément dépendant de l’alcool) et aussi grand écrivain, lors d´un voyage à Lyon. Paris est une fête démontre l’amour pour la ville et pour l’écriture, mais Hemingway semble également rendre Hommage à ses proches. En effet, il songe beaucoup à ses semblables, il mène des relations amicales avec la fameuse Gertrude Stein et Ezra Pound. Il nous offre une toute nouvelle perspective sur des personnages tel que Pound, qui sera plus tard connu pour son antisémitisme.

La ville des lumières apparaît partout, Hemingway est conscient qu’elle est en grande partie responsable du bonheur qu’il ressent. Cette frénésie, cette fête, se termine soudainement lorsque Hemingway tombe amoureux d’une autre femme, ce qui brise sa relation avec Hadley.

Ce livre est un train qui part et que l´on prend. Un reflet : Hemingway aussi ressentait une faim perpétuelle pendant son séjour à Paris. Les descriptions, pleines de vie, sont toujours pertinentes. Quand Hemingway nous emmène dans la rue Mouffetard par exemple, nous pouvons entendre les bruits des entretiens, sentir les odeurs des plats.

Certes, Paris a changé, beaucoup même. Mais les intérêts des hommes et des femmes, ne sont-ils pas restés les mêmes ? Hemingway était à la recherche d’un lieu afin d’écrire, de trouver l’inspiration et d’apprendre davantage, mais il était aussi le plus heureux quand il partageait un moment détendu avec sa femme. Il aimait manger - et surtout boire. Il aimait avoir de la bonne compagnie. Il se posait des questions et aimait les discuter avec d’autres. Il se baladait à travers le jardin de Luxembourg, parfois, sans but. Il cherchait des beaux livres chez les bouquinistes qui longent la Seine.

Si nous jetons un regard sur la vie parisienne de nos jours, dans le quartier latin, elle ne s’est pas beaucoup transformée. Pourtant, nous avons l’impression de voyager dans le temps. Car, pendant que la vie à Paris continue, Ezra Pound, Scott Fitzgerald, les souvenirs d’Hemingway et sa nostalgie resterons dans le livre. Et nous pouvons seulement savoir comment Paris est maintenant et croire ce que raconte Hemingway s’imaginant cette ville qui le fit tant rêver

 

mcs