la diversité culturelle

fer de lance de la france et de l'europe

À l’heure des réseaux sociaux, où chacun·e a désormais la possibilité de montrer sa culture au monde mais où une standardisation est tout de même constatée, la question de la diversité culturelle occupe une place grandissante au sein du débat public. L’UNESCO la décrit comme étant une « multiplicité des formes d'expression des cultures des groupes et des sociétés ». Au moment où la mondialisation transforme le monde en une unité globalisée et uniforme, de plus en plus de voix s’élèvent en faveur de cette diversité, et de la prise en compte de l’existence des différences au sein d’une même société.

un engagement concret de la france

Depuis les années 1990, les politiques culturelles en France sont de plus en plus axées sur la diversité culturelle. Ainsi de nombreuses initiatives existent, avec notamment la création de la charte de la diversité en 2004, qui s’inscrit dans un combat contre la discrimination allant au-delà d’un simple cadre légal et juridique. Le label Diversité, fondé en 2008, continue dans cette voie, et en 2015 la création d’un nouvel organisme chapeauté par le ministère de la Culture parachève cette action : le Collège de la Diversité.

Plus pratiquement, au quotidien, ces actions en faveur de la diversité culturelle sont défendues par un grand nombre d’associations. Elles se traduisent également par une liste de bonnes pratiques à respecter (d’après la charte de la diversité), par l’incitation à la diversification culturelle en entreprise via notamment une nouvelle manière d’aborder les processus de recrutement, ou encore par le développement d’un programme nommé Éducation Artistique et Culturelle, qui s’applique à tous les niveaux éducatifs, afin de promouvoir la diversité culturelle et son expression dans l’art. 

La défense de la diversité culturelle est une question jugée absolument primordiale par la France, dans le sens où elle a beaucoup milité pour son acceptation au niveau mondial, 

une autre vision de la diversité culturelle en europe

L’Union Européenne aborde la question de la diversité culturelle sous un autre axe : la préservation du patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel.

Aujourd’hui, certain·es lui reprochent d’avoir délaissé l’intégration culturelle des États, qui était pourtant une des préoccupations principales de la future Union Européenne en 1954, au profit de leur intégration économique. Elle s’était traduit concrètement par la signature de la Convention culturelle européenne, qui avait pour but d’établir une « compréhension mutuelle entre les peuples d'Europe et l'appréciation réciproque de leurs diversités culturelles, [la] sauvegard[e] [de] la culture européenne, [la] promo[tion] [d]es contributions nationales à l'héritage culturel commun de l'Europe ». Cette intégration de la diversité culturelle, essentielle au sortir de la 2nde Guerre Mondiale, du fait de tous les déplacements de population que celle-ci avait provoqués, est cependant, aujourd’hui, en raison des crises migratoires que nous traversons, d’autant plus d’actualité. Depuis le début des années 2000, l’Europe en a même fait sa devise : « Unie dans la diversité ». 

et notamment dans les traités de libre-échange (en particulier du TAFTA), avec ce que l’on appelle « l’exception culturelle » : c’est le fait de ne pas considérer la culture comme une marchandise, et donc de lui réserver un statut particulier. Cette exception culturelle, conçue pour s’appliquer aux domaines de la télévision, du cinéma et de la musique, est surtout pensée pour préserver le cinéma français, et plus largement européen, de l’industrie du divertissement que représente le cinéma américain.

Plus récemment, un décret est en cours d’élaboration pour obliger les plateformes américaines de SVOD comme Netflix, Amazon Prime ou encore Disney + à consacrer jusqu’à 25% de leur chiffre d’affaires annuel dans la production de long-métrages français, ainsi qu’à diffuser 30% de contenu européen.

Toutes ces démarches s’inscrivent donc dans un même but : se défendre de l’hégémonie culturelle américaine et de l’uniformisation mondiale de la culture, et mettre en avant une vision européenne, plus respectueuse de la diversité existante.

© iStock/smartboy10, 2017 ; depuis le site de la Commission Européenne (https://ec.europa.eu/culture/policies/selected-theme)
© iStock/smartboy10, 2017 ; depuis le site de la Commission Européenne (https://ec.europa.eu/culture/policies/selected-theme)

Comptant 27 pays, avec 24 langues officielles ainsi qu’une soixantaine de langues régionales ou minoritaires, soit autant de cultures qui y sont reliées, l’Europe est un exemple parfait de la cohabitation entre différentes cultures.

C’est pourquoi, en 1992, une charte défendant la diversité des langues culturelles et régionales a été signée, et que chaque État membre de l’UE a également pour mission, entre autres, de défendre la culture de son pays. 

De nombreuses initiatives existent dans ce domaine à l’échelle européenne : l’Eurovision, les Journées Européennes du Patrimoine, ou encore 2018, consacrée Année européenne du patrimoine culturel, ce qui a permis tout au long de cette période à 23 000 événements répartis dans 37 pays de se mettre en place, afin d’insister sur l’importance de la diversité du patrimoine culturel européen.


une préoccupation mondiale

À l’échelle internationale, l’ONU avec sa convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005) ou encore l’UNESCO avec sa journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement ont une forte influence sur ces problématiques, qui sont, rappelons-le, d’abord internes à chaque État. L’Europe, via entre autres un groupement nommé « Coalitions Européennes pour la Diversité Culturelle », fait alors la synthèse entre ces deux instances mondiales et nationales, tout en ramenant la place de ce sujet à l’échelle et surtout au centre des préoccupations européennes.

 

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