« Un MOOC c’est comme un amphi de taille infinie »

Dans le cadre du thème de ce numéro d’Asnières à Censier, nous nous sommes intéressés aux plateformes proposant un nouveau système d’apprentissage, en ligne. Nous avons enquêté sur ces plateformes et sur l’avis que les étudiants peuvent avoir sur ces nouvelles ressources en ligne.

 

 

Un sondage concernant les MOOC a été organisé dans la cafétéria de Censier : deux questionnaires ont été proposés aux étudiants, selon s’ils connaissaient les MOOC ou non.

 Nous nous doutions que peu d’étudiants connaissaient les MOOC et avons donc expliqué brièvement ce système d’apprentissage aux autres étudiants. « Les MOOC (Massive Open Online Curse) sont des cours en ligne accessibles à tous sous forme de vidéos. Il ne s'agit pas de conférences ou de reportages, mais bien de cours universitaires proposés par une institution  comme l'Inalco ou Paris I, traitant de domaines variés. Les participants à ces cours sont dispersés géographiquement et ne communiquent que par internet, via les différentes plateformes. »

 

Le sondage s’intéressait au possible remplacement d’un cours en amphithéâtre par un MOOC, ainsi qu’à l’avis des étudiants à propos de cette nouvelle méthode d’apprentissage : les avis sont partagés mais la majorité y voit un outil d’avenir pour l’apprentissage pouvant remplacer dans une certaine mesure les cours magistraux (« un MOOC c’est comme un amphi de taille infinie » a même remarqué une étudiante). Pour d’autres étudiants, un MOOC doit rester complémentaire et une inquiétude concernant la profession initiale d’enseignant a été mentionnée plusieurs fois.

 

Parmi les étudiants ne connaissant pas les MOOC, plus de 70% seraient intéressés par cette nouvelle ressource pour approfondir leurs connaissances en étant libre quant à la gestion de leur temps. La demande concernant les domaines linguistiques n’est pas majoritaire; Les étudiants seraient davantage intéressés par l’acquisition d’une culture générale. Toutefois, 54% des étudiants pensent que l’apprentissage d’une langue serait éventuellement possible par un MOOC. Mais le manque d'interaction entre les professeurs et les étudiants été critiqué à plusieurs reprises.

 

Nous avons par la suite rencontré une étudiante en M2 de Littérature Générale et Comparée, Camille Morio. Ayant suivi des cours à distance sur deux plateformes différentes, elle a pu en détailler le fonctionnement  Elle n’a pas ressenti de manque d’interaction : avec les vidéos des enseignants, un forum est mis à leur disposition pour y déposer des exercices et répondre aux questions. Elle a cependant regretté que la plateforme FUN (permettant de valider des compétences susceptibles d’être reconnues à l’université) ne soit pas mieux conçue dans son arborescence et dans son graphisme. Camille a ensuite suivi un MOOC organisé par le Musée de l’Homme (« A l’origine de l’Homme ») : les vidéos y étaient particulièrement bien conçues (vidéo et sous-titres, mobilisant le visuel et l’auditif). Elle a suivi ces cours en ligne dans le but de « profiter d’une sorte de libre accès au savoir » et non pas pour progresser dans son domaine d’études.

 

Nous avons pu rencontrer l’adjointe au sous-directeur de l’ENEAD Céline Duarte afin de nous renseigner plus sur le fonctionnement de l’organisme, et étant donné que Camille débute également en tant que tutrice pour l’ENEAD, nous avons pu leur poser des questions à ce sujet.

L’ENEAD est une plateforme numérique d’enseignement à distance proposé notamment à la Sorbonne Nouvelle Paris 3. Depuis plus de 20 ans, l’université de la Sorbonne Nouvelle forme des étudiants à distance via des outils numériques. C’est lors de la création du DESIC (Direction du Système d’Information et de Communication) il y a environ 5 ans que l’ENEAD prend le nom qu’il a actuellement. L’ENEAD compte environ 1500 étudiants, dont 50 % en Île-de-France et l’autre moitié en province et outre mer. Cet enseignement est donc disponible pour l’Anglais et le Français Langue Etrangère (FLE) ainsi que pour les licences littéraires de Littérature Générale et Comparé,  Lettres Modernes et l’audio-visuel. Cependant, l’ENEAD est un organisme toujours avide d’offrir de nouvelles formations et cela ne dépend que de la collaboration étroite établie entre l’organisme et les trois UFR de la Sorbonne Nouvelle (Arts et Médias, Littérature, Linguistique, Didactique et Langues, Littérature, Cultures et Sociétés Étrangères).

 

En 2014, l’ENEAD a également ouvert un Master AIGEME (Application Informatiques, Gestions, Éducation aux Médias, e-Formation) qui se concentre sur la maîtrise et la transmission des humanités numériques. La durée de l’inscription est libre (par semestre ou par Unité d’Enseignement). Les cours apparaissent sur Icampus sous la forme de ressources pédagogiques, de forums de discussion et d’exercices corrigés. C’est le tuteur (et non l’enseignant) qui publie les exercices et leur correction. Deux cours par semestre sont aussi donnés par les tuteurs (les Regroupements Tutorat en Présentiel, d’1h30 chacun) ; un chat est organisé sur Icampus une fois dans le semestre.  Les tuteurs sont des étudiants de Master. Chaque tuteur s’occupe d’environ 90 étudiants (dont seulement 10% participent sur le forum).

Ces nouveaux systèmes d’apprentissage demandent de l’assiduité, au même titre qu’un enseignement en présentiel, pour réellement apporter des connaissances à l’étudiant. Cela vaut aussi bien pour les MOOC, utilisable comme un outil de complément, que pour l’ENEAD qui au-delà d’un outils est un véritable organisme, en mesure de produire et de proposer ses propres MOOCs.

 

 

 

mjd, ngr et ana