Ils/Elles travaillent dans la culture

Gabrielle Perrouas, co-organisatrice du festival de cinéma jeunesse : le Carrousel international du film de Rimouski, au Canada : « Mon année au département d'allemand m'a permis d'élargir mes réseaux et horizons en parti-cipant à différents événements culturels, échanges, tandems, voyages... »

  

Après deux ans de classe préparatoire littéraire option cinéma, je suis entrée directement en 3e année de cinéma et audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle. Puis, ayant voulu effectuer une année Erasmus en Allemagne et poussée par Matthias Steinle (un professeur de cinéma allemand et le coordinateur des Erasmus en cinéma), je suis la première à être partie à la HFF (Hochschule für Film und Fernsehen) à Potsdam pour effectuer ma première année de Master (en recherche cinématographique et audiovisuel, spécialité esthétique et Histoire de l'Art). C'est en revenant de cette année fort enrichissante que j'ai décidé de poursuivre mes études au département d'allemand à la Sorbonne Nouvelle. Cela n'a pas été une mince affaire d'adapter mon emploi du temps, malgré le programme plus "léger" des Master 2 en cinéma. Mes cours se chevauchant parfois, je me sentais comme Hermione Granger et aurais bien aimé posséder son fameux sablier « retourneur de temps ».

 

J'ai choisi la licence franco-allemande car le programme bilingue proposé dans différentes spécialités (Histoire, Lettres, Culture, Politique, Relations internationales etc) ainsi que l'étude de la langue me semblait le plus complet pour parfaire mes connaissances sur nos deux pays. J'ai obtenu ma licence en fin d'année, en 2014, et j’ai hésité à continuer en Master mais il me fallait vraiment clore mon premier Master de cinéma (je n'avais pas réussi à suivre tous les cours à cause des chevauchements et à rédiger complètement mon mémoire).

 

Quels ont été les apports de ce cursus en termes de connaissances et de construction personnelle ? Le cursus a été complémentaire avec ma formation cinématographique, notamment pour mon mémoire dont le sujet questionnait la réécriture de l'histoire allemande dans les films allemands contemporains. J'ai pu élargi à la fois mes réseaux et mes horizons en participant à différents événements culturels, échanges, tandems, voyages... et même l'année qui a suivi,

si je suis retournée achever mon M2 en cinéma.

 

Ton meilleur et ton pire souvenir dans ce cursus. Mon pire souvenir est de ne pas avoir totalement préparé mon exercice de thème et d'avoir dû improviser sur place... Le thème restera un exercice de rigueur douloureux...Sinon, des exposés parfois rébarbatifs, scolaires et donc inintéressants de la part de camarades de deux à trois ans plus jeunes. Avoir l'impression d'un retour en "arrière" et d'une perte de temps (dû au fait que je savais que je pouvais avoir des cours de cinéma en même temps). Mon meilleur souvenir est ma rencontre avec Julien Corbel et nos différents travaux en commun (nos exposés  sur Berlin Alexanderplatz, sur la cohabitation en France etc.), nos entrevues pour le journal "Asnières à Censier" (notamment avec Hansgerd Schulte).

 

Que fais-tu cette année et quel(s) est/ sont tes objectifs professionnels à présent ? Je suis maintenant au Québec depuis plus d'un an (stage d'août à décembre 2015 puis retour de janvier à mars 2016 puis retour en avril 2016 jusqu'en avril 2018 voire au-delà...). Maintenant j'ai un visa de travail dans un festival de cinéma jeunesse (le Carrousel international du film de Rimouski). Actuellement, je suis en période "d'hibernation" car pendant l'hiver pas de subvention possible pour le festival. Cela prouve que l'allemand peut aussi bien mener de l'autre côté de l'Atlantique... Je regrette de ne pas m'en servir souvent mais si l'occasion se présente (invité allemand ou autrichien à Montréal dans des festivals de cinéma), je sauterai dessus !

 

clr (déc. 2016)

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Gabrielle Perrouas, co-organisatrice du festival de cinéma jeunesse : le Carrousel international du film de Rimouski, au Canada
« Mon année au département d'allemand m'a permis d'élargir mes réseaux et horizons en participant à différents événements culturels, échanges, tandems, voyages... »
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Joyce Weil, chargée de recherche et de médiation à l’association SynLab : « Asnières, ça faisait un peu village d’Astérix »

 

     J’ai passé un bac L en 2008 dans une boîte à bac, un lycée assez prestigieux après lequel tout le monde partait en prépa, ce que je ne voulais surtout pas faire. J’ai donc délibérément choisi de venir à la fac. Je m’intéressais beaucoup à l’histoire, mais c’était important pour moi de pouvoir étudier deux matières et comme j’avais fait un programme Voltaire, je me suis tournée assez naturellement vers le parcours histoire-allemand, pas seulement pour continuer à parler allemand, mais aussi pour découvrir tout ce qu’il y a autour de la langue. Je suis partie en Erasmus à Berlin au deuxième semestre de L2 (ce qui n’était possible qu’à Paris 7 et à condition d’insister un peu), parce que les sujets des cours de L3 à Paris m’intéressaient plus que ceux de l’année précédente. A la Humboldt Universität, j’ai eu des cours d’histoire passionnants : on dit souvent qu’Erasmus c’est pour faire la fête, mais ça vaut aussi vraiment le coup parce qu’on a accès à une large offre de cours.

 

     Après avoir fini ma licence à Paris, je suis partie un an à Cardiff en tant qu’assistante de langue pour améliorer mon anglais et me laisser le temps de réfléchir à la suite. Jusque-là, j’envisageais de travailler dans l’édition, secteur dans lequel j’ai fait beaucoup de stage au fil de ma licence, et mon fil rouge c’était surtout : ne pas être prof. Mais finalement, je trouvais que le plus intéressant comme job dans une maison d’édition, c’était de lancer la sienne, projet que j’ai toujours, pour plus tard, et j’ai décidé de faire un master plus axé vers le numérique. Je suis entrée à l’école des Chartes dans le master « Nouvelles technologies appliquées à l’histoire », mais j’en suis partie au bout d’un an parce que l’enseignement là-bas portait surtout sur l’histoire du livre, ce qui était intéressant en soi mais avait peu à voir avec le numérique. Or le numérique est devenu incontournable et je pense qu’il est important d’en connaître les codes et de savoir comment ça fonctionne pour être lucide sur ce qu’on peut faire ou pas avec le numérique dans la culture. J’ai donc fait le M2 Pro « Médiation culturelle – Patrimoine et numérique » qui est un partenariat entre Paris 8 et Paris 10, avec un mémoire sur les interfaces haptiques. En parallèle, j’étais en service civique dans une association de médiation scientifique qui s’appelle « Les atomes crochus ». Ce qui était bien dans cette expérience, c’est que j’étais chargée d’un projet au sein de l’association, que j’ai pu mener du début à la fin.

 

     Après mon master, j’ai commencé à chercher du travail et au bout d’un mois je me suis retrouvée par hasard prof d’allemand en tant que contractuelle. Je le suis restée jusqu’à la fin de l’année scolaire, et ensuite j’ai trouvé le poste où je suis maintenant à SynLab, une association qui a pour but d’aider les enseignants à se former, de changer un peu la façon de voir cette formation. Au départ, j’ai été embauchée pour rédiger leurs outils de formation en ligne. Maintenant je travaille sur un projet plus vaste d’expérimentation sur la formation des enseignants en partenariat avec l’ESPE et le rectorat de Créteil. En gros, on teste le principe d’une formation sur trois ans (le M2 et les deux premières années de titularisation) pour éviter que les néo-titulaires se retrouvent lâchés dans l’arène à la fin de leur seule (et brève) formation initiale. Ça fait maintenant deux ans que je suis dans cette association, et j’ai maintenant envie de monter mon propre truc sous forme d’un site nommé « Les écriveuses », qui est (/sera bientôt) un service d’aide à la rédaction et d’accompagnement à l’utilisation des outils numériques.

 

     De ma licence, je me rappelle surtout des cours de grammaire de L1, et que « la grammaire, c’est la colonne vertébrale de la langue », et beaucoup des cours alternatifs proposés par des profs de Paris 3 et d’autres facs pendant le blocus contre la LRU en 2009. Il y avait aussi « l’université Paris 14 », des cours mobiles dans la ligne 14 du métro, et on avait monté un cinéclub militant à Paris 7. D’Asnières, j’ai surtout le souvenir que c’était un environnement assez spécial : comme si on avait mis toutes les langues qui n’intéressent personne dans un endroit perdu au milieu de nulle part. C’était chouette, ça faisait un peu village d’Astérix.

 

mgb (avril 2017)

 

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Pia Meierkord, assistante dans un cabinet d'expertise de tableaux anciens à Paris, Saint Honoré Art Consulting : « J'ai également participé à la rédaction de la revue en ligne « Asnières à Censier » ! »

 

     Pouvez-vous nous présenter votre parcours avant d'étudier à la Sorbonne Nouvelle?

     Après le bac, j'ai décidé de travailler en tant que jeune fille au pair à Paris pendant un an et demi. J'avais fait du français au lycée et j'ai toujours aimé la langue et la culture française. Puis j'ai déménagé à Berlin – je viens de Bielefeld – afin de commencer mes études à la Freie Universität de Berlin. J'ai choisi le double diplôme en « Frankreichstudien ». Mes matières étaient le droit, l'histoire de l'art, la littérature française et des cours de langue française. A côté de mes études, j'ai travaillé en tant qu'assistante à la rédaction pour le site NRW.de. J'ai passé la troisième année d'études à Paris 3, comme prévu dans le cadre du double diplôme.

 

     Avez-vous des souvenirs de Paris 3 à partager?

     C'était une année intéressante! J'ai participé, comme vous, à la rédaction de la revue en ligne « Asnières à Censier » ! Je me souviens encore que nous avons participé à un évènement à l'institut Goethe à l'occasion de la journée des professeurs allemands. Mon année à Paris 3 était une bonne décision, je suis toujours en contact avec des personnes de mon cursus et chacun fait quelque chose de différent et avec succès !

 

     Puis-je vous demander quel était le thème de votre mémoire de licence ?

     Oui, c'était un travail très intéressant ! J'ai comparé deux romans français de Zola et Balzac d'un point de vue artistique.   Dans quelle mesure votre année d'échange à Paris 3 était-elle utile pour vous ? Après mon année à Paris 3, j'ai dû effectuer un stage. Je l'ai fait dans un cabinet d'expertise de tableaux anciens… où j'ai en suite obtenu un travail à temps plein ! J'y travaille actuellement en tant qu'assistante et ai diverses responsabilités. Les cours d'histoire de l'art que j'avais à la FU Berlin et les cours de langue à Paris m'ont été très utiles pour mon stage ainsi que pour mon travail actuel. Je fais des travaux de recherche, puisque j'explore les archives des musées du Louvre et d'Orsay. Le séjour à Paris m'a permis de travailler dans la capitale française.

 

mef (janvier 2017)

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Solene Moy, guide touristique de langue allemande à Paris : « Je me souviens d’une anecdote vraiment drôle dans un cours de grammaire avec Valérie Robert qui a réussi à rendre la grammaire allemande intéressante. »

 

Qu’est-ce qui vous as amené à faire des études

d’allemand? Mon parcours est un peu particulier. J’avais l’allemand comme deuxième langue étrangère et après le bac, je ne savais pas ce que je voulais faire, mais je savais que j’aimais l’allemand, bien que je n’aie jamais été en Allemagne avant. Contrairement à ce qui se passe en Allemagne, en France, on finit le bac à 18 ans et souvent on est trop jeune pour savoir ce qu’on veut faire concrètement. On se retrouve devant des fiches post-bac et on est perdu. Alors moi, j’ai choisi l’allemand au pif est je suis arrivée à Asnières en Licence Franco-Allemande. Quand je suis arrivée, j’avais un niveau assez nul, assez pitoyable, vraiment terrible. Et j’ai, pour la première fois, entendu des mots comme « Abibac », etc. et là, je me suis rendue compte de la différence de niveau entre moi et les autres et cela se ressentait aussi au niveau des notes!

 

J’ai même hésité à arrêter, mais avec un peu de recul, je suis très contente d’avoir choisi ce cursus-là. Car, malgré un début très difficile, j'ai eu la chance d’avoir un corps professoral excellent, de très bons profs, qui ont bien remarqué les différences et qui ont mis en place des groupes de niveau pour l'apprentissage des langues. Honnêtement, je trouve ces groupes très bien, cela nous permet d'évoluer autour des gens du même niveau. Le fait d'être un petit groupe, créait aussi des liens intenses entre les étudiants.

 

Quel souvenir j'ai d'Asnières? C’était il y a cinq ans, alors franchement cela fait loin... Mais je me souviens d’une anecdote dans un cours de grammaire avec Valérie Robert qui a quand même réussi à rendre la grammaire allemande intéressante, et c’est quelque-chose que je lui dois. Et là, on avait des grands amphis, mais on n’était que trente personnes. Et déjà cela donnait une certaine atmosphère, il y avait une odeur assez particulière, c’est un peu comme ma petite madeleine de Proust. Ceux qui ont connu Asnières s’en souviennent sûrement. On avait un cours de grammaire à 8 h du matin et c’était le weekend après Pâques, alors peu de monde était venu, et Mme Robert avait ramené des chocolats et elle a dit « c’est pour les courageux qui sont venus ». C’est un peu ça Asnières. Au département d'études germaniques, on la chance d’avoir des profs qui connaissaient votre nom, ce qui créait une force et un esprit particulier. 

 

Après la licence j’ai d'abord fait un an d’Erasmus à Berlin et après, j’ai bifurqué en Master Allemand / Histoire avec Paris 7 et c’était génial. J’ai fini ce Master et l’année dernière, quand j’étais à la cafétéria de Paris 3, j’ai trouvé une petite fiche où on proposait de faire des « Stadtführungen » à Paris. Du coup,

j’ai envoyé un message et cela fait maintenant presque deux ans que je fais des « Stadtführungen » en allemand à Paris. 

 

Ce job intègre vraiment parfaitement mes études, mais ce qui m’a vraiment aidé à entrer dans la vie professionnelle, c’était de parler l’allemand. J’ai reçu plein d’appels des recruteurs pour des jobs dans un peu tous les domaines, seulement, parce que je parlais l’allemand. C’est un vrai plus. Parce que l’anglais, tout le monde sait le parler. Parler l’allemand est vraiment une compétence particulière.

 

 

Si j'avais un tuyau à donner aux étudiants actuels: soyez patients avec l’administration et ne vous reposez pas sur vos acquis ! Et surtout : Participez aux événements que les profs organisent pour vous, car c’est une vraie chance de travailler sur des sujets aussi intéressants !

 

hvo (déc.2016)

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Solene Moy, guide touristique de langue allemande à Paris
« Je me souviens d’une anecdote vraiment drôle dans un cours de grammaire avec Valérie Robert qui a réussi à rendre la grammaire allemande intéressante. »
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