Portraits de nos diplômé.e.s

Charline Vasseur, journaliste radio et télévision: 

« rendez-vous compte de la réalité dans laquelle vous voulez évoluer ! »

 

Réputée difficile, l'allemand est la langue qui conduit à la rencontre avec d'autres cultures. Charline Vasseur, ancienne étudiante en Master de journalisme franco-allemand à la Sorbonne Nouvelle se rappelle avec joie de ses premières rencontres avec la langue allemande : « En 4e, ma famille d'accueil à Wolfenbüttel nous offrait du Jägermeister. C'est ce qui s'appelle cultiver les différences ! » sourit-elle. Mais c'est avant tout la rigueur et l'intransigeance de sa professeur d'allemand au Collège qui l'ont marquée positivement durant ces quatre ans.

 

Après le lycée elle s'est lancée dans une prépa d'allemand? puis enchaîne avec une licence en Etudes germaniques, puis sort diplômée d'un Master de Traduction éditoriale, économique et technique à la Sorbonne-Nouvelle. Mais est-ce ainsi qu'une langue doit être utilisée ? Le doute s'instaure, et après quelques mois de voyages et de stages, c'est le journalisme qui la tient. Son intérêt pour l'allemand subsiste ; alors elle se lance dans un Master II de journalisme franco-allemand. Pas de tromperie sur la marchandise ! Les deux cultures sont traitées de façon égalitaire et Charline baigne avec joie dans l'interculturalité.

 

Une série de stages subventionnés par la Konrad Adenauer Stiftung, l'OFAJ ou encore la fondation Robert Bosch viennent compléter la formation. Une bourse de la même fondation lui permet même de partir en Namibie pour réaliser un film documentaire.

 

Aujourd'hui, elle est restée sur la voie du journalisme : après avoir travaillé cinq ans pour une petite radio matinale à Lille, elle a maintenant envie de réaliser ses propres sujets : « J'ai pu réaliser deux reportages pour Kikeriki, un magazine web radio sur l'écologie en France et en Allemagne. Maintenant je travaille pour différentes télévisions. C'est une escale, cette compréhension de l'image. J'apprends à me distancer de l'info pure et dure ». Le prochain défi ? Jouer de  son atout, les langues, en faire une force dans le profil  « et produire un documentaire 52' diffusé sur Arte » ajoute-t-elle avec un clin d’œil.

 

stz (janv.2019)


Marjolaine Portier-Kaltenbach, attachée de production à France Musique: « La scène musicale allemande foisonne de grands artistes et il n'est pas rare que l'on soit amenée à les interviewer en allemand! »

 

 

« Pour être franche, j'ai atterri à la Sorbonne Nouvelle de manière un peu fortuite. L'année précédent mon Master Recherche en Etudes germaniques, j'ai passé 6 mois en Erasmus à Berlin. Or, comme la Freie Universität avait mis une éternité à m'envoyer mes résultats, et que j'ai mis quant à moi un certain temps à les faire traduire par un traducteur agréé, je n'ai eu mon attestation de licence que très tardivement, et il n'y a que Paris 3 qui acceptait encore que l'on s'inscrive en septembre. Il se trouve que la fac était tout près de chez moi et qu'une bonne amie avec laquelle j'étais en licence à l'Université catholique s'y était aussi inscrite, tout cela se goupillait donc parfaitement bien! »

 

« J’ai pris conscience au tout début de mon Master d'Etudes germaniques que je ne souhaitais pas devenir traductrice ou interprète, que l'allemand n'était pour moi pas une fin en soi, et que je souhaitais donc élargir mon champs de compétences. C'est la raison pour laquelle je me suis inscrite à Paris 2 dans un nouveau master, dédié aux médias. En parallèle de ce master que j'ai suivi à Paris 2, j'ai effectué un an d'alternance chez France Musique (chaîne du groupe Radio France), puis mon contrat d'alternance a été prolongé d'un an avant de se transformer en CDD. C'est là que je travaille encore actuellement. »

  

« Lors de mon entretien d'embauche à France Musique, je me rappelle d'avoir dit à mon actuel patron: j'ai bien conscience que je n'ai pas le parcours exemplaire pour postuler à France Musique : je n'ai pas fait de musicologie mais seulement de l'anglais et de l’allemand... et il m'a immédiatement coupée pour me dire : SEULEMENT de l'allemand ? Vous ne vous rendez pas compte à quel point c'est précieux d'avoir des germanistes ici ! Et effectivement, dès qu'il s'agit de traduire des paroles de Lieder, ou qu'il y a des interviews en allemand, c'est à moi d'agir ! La scène musicale allemande foisonne de grands artistes et il n'est pas rare que l'on doive les interviewer en allemand, dans la mesure où leurs propos perdent bien évidemment toujours un peu de leur sel lorsqu'ils s'expriment en anglais. »

 

« Mon projet pour l'avenir est de passer d'attachée de production (mon poste actuel, qui consiste à aider les producteurs à préparer leur émission) à productrice moi-même (c'est à dire passer derrière le micro). J'ai présenté mes premiers concerts de jazz à l'antenne l'été dernier et c'était une expérience fantastique! Les chaînes de radio envoient des petits jeunes faire leurs armes derrière un micro chaque été, autrement dit à la période de l'année où les titulaires sont en vacances, c'est une chance inouïe. » 

 otb (en janvier 2019)


Isabel Habicht, enseignante à l’École des hautes études commerciales et coordinatrice du département de langues: « les études m'ont fait avancer dans ma vie, dans ma compréhension de ce que je suis, où, comment et pourquoi je vis! »

 

Elle peut se prévaloir d’un curriculum impressionnant qui l’a entre autres menée au département d’études germanique à la Sorbonne Nouvelle. Comme elle connaît bien les systèmes éducatifs de la France et de l’Allemagne, son point de vue est particulièrement intéressant. A la fin de sa scolarité au Bade-Wurtemberg, elle décide de faire des études d’allemand et de français à Fribourg dans le but de devenir professeure. Après quelque temps, elle a eu envie de vivre en France. C’est pourquoi elle s'est inscrite en Master d’allemand langue étrangère. Elle a ensuite fait un doctorat de littérature comparée et philologie classique. Elle dit avoir passé cette belle période comme dans une ‚tour d’ivoire‘. Ses études, elle les a financées grâce à une bourse, et en tant que lectrice au DAAD.

 

Isabel Habicht repense avec bonheur à ses études : « Je rentrais souvent à la maison en pensant : ‘Aujourd’hui, j’ai compris quelque chose d’important, cela m’a fait avancer dans ma vie, dans ma compréhension de ce que je suis, où, comment et pourquoi je vis ; ce que la littérature signifie pour les hommes, ce qu’elle a provoqué dans l’histoire et quels effets elle a aujourd’hui.’ » Son directeur de thèse lui a finalement proposé d’enseigner à Metz et elle a suivi son conseil. De plus, elle a commencé à donner des cours d’allemand et d’histoire à l’université de Caen. Parallèlement, elle enseignait à l’Ecole Polytechnique à Paris. Le travail dans la métropole et celui à la campagne sont « deux univers » différents. Après avoir terminé sa thèse, Isabel Habicht a passé une année à Munich ou elle donnait des séminaires à la LMU (Ludwig-Maximilians-Universität), mais elle a toujours voulu retourner à Paris. Elle se souvient bien de son travail à la Sorbonne Nouvelle où elle donnait un cours d’histoire du XXe siècle : elle avait l’impression que les étudiants étaient plus intéressés et plus orientés qu’à Metz et à Caen. 

 

Actuellement, elle constate que le système universitaire ressemble de plus en plus au système scolaire. Qu'il y a des concepts éducatifs très différents en France et en Allemagne, et que le système allemand est davantage axé sur les aptitudes sociales des élèves et des étudiants. Si les études germaniques en France se battent pour survivre, même si elles touchent les meilleurs élèves du secondaire, les cours de français en Allemagne sont aussi en perte de vitesse. Il faut aujourd'hui du courage pour faire des études de littérature, à cause de la situation difficile sur le marché du travail, cependant elle n'a jamais regretté son choix.

reh (janvier 2019)


Clémence Peyron, journaliste chez Campus Channel à Paris : « Ce qui me plaît, c’est de ne pas être enfermée dans un même métier toute ma vie... »

 

La première chose que l’on remarque chez Clémence, d’abord dans notre corres-pondance électronique, puis lorsqu’on se rencontre un soir dans un petit bar dans le XIe, c’est son ouverture d’esprit. Souriante et curieuse, elle me consacre une heure de son temps pour me raconter son parcours animé, autour d’un verre de vin blanc.

 

Actuellement, Clémence travaille chez Campus Channel, une start-up rachetée par le groupe Figaro qui propose des formats variés présentant aux (futurs) étudiants les différentes écoles, aussi bien en France qu’à l’étranger. Dans ce cadre, Clémence est notamment chargée de l’animation d’une émission qui invite les représentant.e.s des écoles pour présenter leurs institutions aux lycéen.ne.s et étudiant.e.s qui peuvent ensuite intervenir en live chat. « On fait des reportages dans les écoles aussi, on s’est beaucoup diversifié », tient à souligner l’ancienne étudiante de la Sorbonne Nouvelle. C’est un format qui s’adapte aux nombreux changements dans le domaine des procédures d'admission et de la formation universitaire en France ces dernières années : l’équipe a par exemple recruté un expert Parcoursup, même si la grande majorité des écoles présentées font usage de leurs propres concours d’admission.

 

Cet emploi dans le domaine du vidéo-journalisme est la première étape un peu plus stable dans la carrière de Clémence. Les étapes précédentes ? Après un diplôme de Sciences politiques à Sciences Po Aix, elle s’est laissé guider par ses intérêts et ses envies. « Je ne savais pas vraiment, j'ai adoré mon année à Berlin, j'ai un attrait pour tout ce qui est d'Allemagne, une vraie germanophilie. Mais que faire de ça… ? J’ai complété du coup mon diplôme avec le Master de Journalisme franco-allemand parce que j'avais envie de pratiquer la langue, encore et encore », se souvient-elle.

 

Le Master auquel elle fait allusion, c'était alors le cursus Journalisme européen option franco-allemande à la Sorbonne Nouvelle. Ce cursus lui permet d'une part d’approfondir ses compétences en allemand, mais aussi d’effectuer plusieurs stages de fin d’études, notamment à la Wiener Zeitung, principal quotidien de la capitale autrichienne, ainsi que chez Arte à Strasbourg. Un dernier stage à La Chaîne Info (LCI) débouche d’abord sur un travail en tant que commentatrice-rédactrice, puis se transforme en travail à la pige, donc sur la base de contrats d’une journée dont le nombre est toutefois limité à l’année pour éviter des emplois précaires.

 

Clémence a acquis une grande diversité de compétences dans les différents domaines du journalisme, dans des groupes médias réputés comme LCI et Prisma Media, sans oublier les start-ups, en alternant entre les piges et les CDD, avant de signer un contrat à durée indéterminée avec Campus Channel en 2017. Son parcours peut sembler atypique, mais sa flexibilité professionnelle lui a permis d’acquérir une certaine polyvalence : « Je sais faire des vidéos, je sais écrire, je sais passer devant la caméra… Je n’ai pas fait de radio par contre, mais par exemple les podcasts, c’est une chose qui m’attire énormément », raconte-t-elle.

 

Son ouverture d’esprit a permis à Clémence d’avoir des expériences enrichissantes dans à peu près tous les domaines techniques et thématiques du journalisme, en se réservant la possibilité de changer encore de métier et de se développer davantage : « Peut-être que demain je travaillerai dans un magazine d’animaux. Comme ça, je pourrai apporter mon chien au travail », dit-elle en souriant. Cette envie de bouger lui permettra éventuellement aussi un jour de renouer avec l’Allemagne et la langue allemande, qui s’est un peu perdu après ses études et qui ne lui sert plus que de temps en temps, mais qui reste tout de même un intérêt personnel auquel elle essaie de se consacrer le plus souvent possible quand elle a du temps libre. 

 lea (janvier 2019)


Caroline Tudyka, musicienne, enseignante et traductrice: « Le masculin est faible, il décline ! » 

 

C'est au Café du Terminus, en face de la gare du Nord, que je retrouve Caroline Tudyka, ancienne étudiante en langues/littératures et civilisations étrangères au département d'Etudes germaniques de la Sorbonne Nouvelle. Il est 19h, rien de mieux que de discuter autour d'un chocolat chaud et d'un Martini rouge, alors que dehors, le froid automnal donne des frissons. Pas de question-réponse mais un flux de récits - très sympathique, ce « coq-à-l'âne » - : voilà comment la musicienne-traductrice-enseignante aux boucles noires, un boa autour du cou, dévoile peu à peu les facettes de sa vie parisienne. C'est pour la musique qu'elle est venue à Paris, il y a plus de 20 ans. Étudiante à Asnières, elle répétait, pendant ses heures libres, dans une salle de cours équipée d'un piano à queue. Sa musique était alors accompagnée par la voix d'une amie étudiante récitant du Jacques Prévert.

 

La musique constitue encore et toujours le centre de sa vie. Ses chansons sont franco-anglo-allemandes, elles évoquent une poésie douce et rythmée, tantôt apaisées, tantôt nerveuses et électroniques; ses textes étant essentiellement des adaptations de poèmes de Dylan Thomas, Friedrich Nietzsche et Else Lasker-Schüler. Caroline Tudyka se sent particulièrement proche de cette poétesse juive-allemande, à laquelle elle a dédié son travail de maîtrise, publié sous le titre de L'exil d'Else Lasker-Schüler (1869-1945) aux éditions l'Harmattan (2001) : « Personne ne la connaît en France ! C'était une femme excentrique, chaleureuse, qui vivait sa propre vie; divorcée à deux reprises, avait un enfant d'un de ses multiples amants. Même âgée, elle a gardé l'âme d'une jeune fille – je me reconnais un peu en elle », s’enthousiasme Caroline.

 

Ce côté excentrique, elle l'incarne aussi, même à l'université où elle enseigne l'allemand à de futurs ingénieurs et étudiant-es en management. « Être professeur, c'est jouer un rôle. Le devant de la classe devient une scène sur laquelle on divertit ses élèves. Même l'accusatif devient plaisant », rit-elle et d'ajouter avec un clin d’œil : « le masculin est faible, il décline ! ».

 

Les études à la Sorbonne Nouvelle ont conduit l'artiste sur des voies franco-allemandes, mêlant musique et études: « Je me rappelle de ma rencontre avec Anne Saint Sauveur-Henn, professeure à la Sorbonne-Nouvelle. Elle faisait de la recherche sur l'exil des Juifs en Amérique latine, un thème qui m'a passionnée. Au sein de la Société de la recherche sur l'exil elle organisait souvent des conférences à la Maison Heinrich Heine à la Cité universitaire de Paris et m'invitait alors pour jouer de la musique et chanter les poèmes d'Else Lasker-Schüler ». Caroline Tudyka qui aurait aussi eu la possibilité de faire de la recherche est cependant tout le contraire du type académique : « Je suis beaucoup trop cinglée, j'entre pas dans les codes ! ».

 

Elle a traduit le livre de la sociologue et experte de la vie juive Doris Bensimon Adolph Donath_ parcours d'un intellectuel juiv (Editions de l'Harmattan, Paris, 2001) du français vers l'allemand et n'a donc cessé de cultiver son intérêt, autant pour l'histoire juive que pour la langue allemande et française. Le dernier album de Caroline Tudyka, Shine Bright, est paru en septembre. Vous trouverez plus d'informations sur son site officiel: https://www.tudyka.com/fr 

stz (en janvier 2019)


Romain Bougourd, journaliste sportif et analyste trilingue dans un cabinet de conseil « l’allemand est une bonne façon de se démarquer des autres ».

 

« J’ai fait toutes mes études à la Sorbonne Nouvelle et je les ai terminées en septembre 2018. J’ai toujours voulu être journaliste. Au début, je voulais faire une école de journalisme reconnue, mais comme il n'y était pas possible de faire un séjour Erasmus, j’ai préféré entrer à la fac. Je savais déjà qu’à la Sorbonne Nouvelle il y avait ce Master Professionnel de journalisme franco-allemand. Je l’avais en tête, mais il fallait d'abord faire un Master 1. J’ai donc fait ma licence et mon Master 1 d’Allemand-Histoire. Pendant mes études, j’ai pu faire plusieurs stages, en France et en Allemagne. C’était très formateur.

 

« Mon grand-père était prof d’allemand, sa mère était allemande, on a donc une tradition familiale de l’allemand, d’où sans doute mon choix de faire l'Abibac puis les études de germanistique. Je n'ai jamais regretté d'avoir fait du journalisme franco-allemand: le journalisme est un milieu tellement compliqué si bien que l’allemand est une bonne façon de se démarquer des autres.

 

« A l’université, on découvre d’autres profils, d’autres personnes qui viennent de pays et de milieux différents, et cela ouvre l’esprit. J’avais toujours cette idée d’aller en Allemagne, car comme c’est un cursus interculturel, c’est aussi important de se frotter à des habitudes étrangères. En Erasmus à Berlin, on était beaucoup d'étudiants français et on se voyait souvent. Dans les cours, c’était un peu compliqué de se mélanger, mais j'ai rencontré des Allemands en faisant du sport, ou en faisant connaissance des colocataires allemands. Pendant mon stage à Francfort, c’était plus facile de s’intégrer parce que je ne connaissais personne, et qu'il n'y avait aucun français avec moi. On progresse plus quand on est avec des locuteurs natifs.

« Actuellement j’ai deux métiers : d’un côté je suis journaliste sportif pigiste. De l’autre, j’ai un travail à plein temps et stable : analyste trilingue dans un cabinet de conseil. C’est un domaine que je ne connaissais absolument pas. J’ai été pris parce que je parlais l’allemand. Tous ceux qui sont dans l’entreprise où je travaille sortent d’écoles de commerce et parlent tous français et anglais. Avant, je n’avais aucune idée de ce qu’était une boîte de conseil. Quand elles veulent lancer un produit, toutes les grosses entreprises ont besoin de faire des études de marché. Et au lieu de les faire elles-mêmes, elles payent un cabinet de conseil pour le faire. Dans ce genre de domaines, les langues sont très importantes, car elles sont considérées comme des compétences rares. Quant à moi, j’ai été flexible parce que j’étais ouvert à un autre métier que le journalisme, mais qui correspond à mon profil franco-allemand. Pour l’instant, ma situation me convient, mon travail me permet continuer l’allemand et il ressemble un peu au journalisme : j’appelle des personnes pour faire des interviews et en tirer des conclusions. Dans les méthodes, cela se ressemble, mais ce n’est pas du tout pareil.

 

« Je ne m’imagine pas travailler dans cabinet de conseil toute ma vie, parce que mon objectif premier est d’être journaliste. Je garde le cap, si ce n’est pas tout de suite, ce n’est pas grave. Quant à travailler en Allemagne - je ne suis pas prêt à lâcher ma famille pour partir. J’ai toujours envie d’y aller pour faire un voyage, rencontrer des gens, faire des missions, mais pas sur le long-terme. J’ai ma vie en France avec l’Allemagne dedans.

sbm (en janvier 2019) 


Ingrid Lacheny, maître de conférence à l'Université de Lorraine, Metz: « j'ai eu la chance d'enseigner à l'endroit même où j'avais fait mes études! »

 

« Baignée dans la germanophilie depuis le plus jeune âge, vivant entre Paris et Munich, je me suis tournée tout naturellement vers les études germaniques. Je me suis inscrite en licence franco-allemande, une filière passionnante dans laquelle on ren-contre beaucoup de germanophones d’horizons différents. Elle m’a conduite ensuite vers deux ans d’assistanat à Munich et une inscription à la Ludwig-Maximilians-Universität en littérature et linguistique allemandes (Neuere Deutsche Literatur und germanistische Linguistik). 

 

Mon premier souhait était de travailler dans l’édition même si l’enseignement me plaisait bien. De retour en France pour des raisons personnelles, j’ai décidé finalement de passer les concours. J’y ai trouvé un climat serein et des enseignants à l’écoute délivrant de vrais conseils méthodologiques. Après les concours, j’ai donc commencé à enseigner, d'abord en tant que TZR (Titulaire sur zone de remplacement), puis en poste fixe au collège Victor Hugo à Aulnay-sous-Bois. Cela m’a bien plu et m’a aussi poussée à m’inscrire en Master 2 (DEA à l’époque) avec Mme Anne Saint-Sauveur Henn, puis en thèse avec M. Jacques Lajarrige, parallèlement à mon poste d’enseignante du second degré. 

 

Une fois la soutenance passée, j’ai eu la possibilité d’être vacataire à la Sorbonne Nouvelle, à l’endroit même où j’avais fait une partie de mes études! Passer de l’autre côté fut une expérience enrichissante qui m’a définitivement donné le goût de l’enseignement supérieur. J’ai réussi à obtenir un poste d’enseignante-chercheuse à l’Université d’Artois (Arras), puis à l’Université de Lorraine (Metz), au département LEA, suite à un rapprochement de conjoint ». 

 (décembre 2018)


Sophia Andreotti, journaliste et rédactrice free-lance: .

 

Sa famille, son éducation, ses études, son travail : sa vie est imprégnée par les deux pays depuis toujours. Cette Française de 31 ans s’est installée à Berlin après avoir obtenu son Master de journalisme franco-allemand. 

 

Sophia est née et a grandi en France avec une mère allemande. Enfant, elle allait souvent en vacances dans la maison de sa grand-mère, en Sarre. Pour elle, cette Allemagne était une sorte de paradis, un univers loin de sa ville de naissance, Reims. La France et l’Allemagne ont joué un rôle moteur dans la construction européenne, raison pour laquelle sa vision du franco-allemand est avant tout européenne. Ses origines polonaises et italiennes y ont également contribué.

 

Ce sont donc ces prédispositions familiales européennes et son parcours scolaire dans des classes européennes qui ont tout naturellement influencé son choix d'études. Elle commence par une licence d'allemand à Paris IV avec l'objectif d'intégrer une école de journalisme plus tard. C'est là qu'elle a découvert le Master 2 de Journalisme franco-allemand à la Sorbonne Nouvelle.

 

La jeune femme porte un regard critique sur le système universitaire français en général et sur la préparation des études à la vie professionnelle. Il est évident que les études d'allemand en licence et en master lui ont permis d’acquérir de nombreuses connaissances sur les deux pays ; elle critique cependant le manque d'insertion professionnelle. L'Université devrait « mener de plus grands projets, intégrer des rédactions ». Malheureusement le système universitaire français et la réputation des grandes écoles donnent l'impression qu'un cursus à la fac est presque insignifiant, d'où l'importance d'un bon stage ouvrant sur un réseau qui pourrait compenser ce manque de prestige sur le CV. Ceci dit, les profils franco-allemands, dit-elle, sont très recherchés sur le marché de travail!

 

Selon Sophia, le monde franco-allemand peut parfois paraître refermé sur lui-même vu de l'extérieur. Et il est vrai qu'il n'est pas toujours à la hauteur des réalités actuelles. Elle souhaiterait que le monde franco-allemand soit « plus englobant et plus audacieux », qu'il s’ouvre davantage, par exemple sur un monde constitué non seulement de jeunes étudiants, mais aussi d'apprentis et de travailleurs. Sophia essaie d'y contribuer en tant que journaliste. Et pour elle, il n'y a pas de meilleur endroit pour y parvenir qu’à Berlin, où elle a trouvé un contexte cosmopolite où tout cela semble possible.

mwf (janvier 2019)


D'autres portraits en un coup d’œil


Nos ancien.ne.s...

 

Ø... travaillent dans la culture

Ø ... poursuivent leurs études et/ou écrivent une thèse

Ø ... enseignent

Ø ... sont devenu.e.s journalistes

Ø ... travaillent dans le franco-allemand